Chapitre 42 de Terror Infinity

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Zheng était allongé sur son lit en train de faire circuler son Qi dans son corps.

Cela faisait 29 jours que Lori et lui étaient revenus sur Terre chez ses parents. C’étaient les moments les plus heureux et les plus paisibles qu’il avait vécu depuis longtemps; son coeur était en paix et son esprit tranquille.

Il passait ses journées à se promener avec ses parents ou à aller faire du shopping avec Lori. Quand au platine, il l’avait découpé en petits morceaux et l’avait peu à peu vendu: il en avait obtenu suffisamment d’argent pour que leurs deux familles puissent vivre avec aisance pour les deux décennies suivantes. C’étaient les vacances les plus merveilleuses qu’il ait jamais eu de sa vie et s’il n’avait pas été conscient de ce que, d’ici peu de temps, il allait devoir se replonger dans la Dimension, il aurait confondu cette vie avec le paradis.

Et pourtant, cette épée de Damoclès pendait au-dessus de sa tête et il ne l’oublia jamais. Une fois les trente jours écoulés, il retournerait affronter des zombies, des Aliens et d’autres monstres innommables. Une fois de retour dans la Dimension, il serait à nouveau obligé d’affronter la mort en permanence pour survivre!

C’était pour cela que, chaque jour, il avait continué à s’entraîner avec son Qi et que, chaque nuit, il s’était entraîné avec le couteau progressif. C’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour se préparer à son retour.

Avoir une force et une vitesse de réaction quatre fois supérieures à celles d’une personne normale, en plus d’avoir son Qi, l’avait amené à des niveaux de puissance incroyables. Il était capable de dominer une douzaine de soldats en corps à corps en moins d’une minute si nécéssaire. Et, s’il s’agissait d’agents spéciaux, la seule différence serait que cela prendrait un peu plus de temps. Et il estimait qu’il en sortirait relativement indemne. Evidemment, c’était en partant du principe que personne n’utiliserait d’arme: même Zheng ne pouvait pas faire grand chose contre une balle, pour le moment.

Zheng était assez médiocre dans le maniement des armes à feu. Il était capable de toucher une cible immobile à une cinquantaine de mètres, mais, si la cible était plus loin ou si elle bougeait à une certaine vitesse, il doutait fort de sa capacité à faire mouche. Il préférait le combat au corps à corps et s’était amélioré en conséquence.

Il préférait d’autant plus le combat au corps à corps qu’il avait maintenant le couteau progressif. C’était un couteau d’apparence banale, long de trente centimètres et à la lame noire, créée à partir de matériaux inconnus. Outre le fait qu’il était extrêmement résistant et tranchant, il vibrait en permanence à une fréquence ultrarapide qui permettait de trancher même le métal comme si c’était de l’air. Quand il avait coupé les barres de platine, il n’avait senti aucune résistance. Le seul point faible était qu’il pouvait cesser de vibrer quand il était entièrement coincé dans un objet très résistant . Il devenait alors inutile, il n’était plus différent d’un couteau normal.

A part ses entraînements au couteau, il s’était aussi entraîné avec son Qi. Il avait lentement commencé à se familiariser avec son maniement et les différents moyens de l’utiliser: par exemple, il avait découvert qu’il ne servait pas uniquement à augmenter la rapidité et la force temporairement, il pouvait aussi être utilisé pour augmenter la défense d’une partie du corps s’il le concentrait dessus! L’inconvénient était qu’à chaque fois qu’il manipulait son Qi, des souvenirs du vaisseau spatial et de son combat avec les Aliens revenaient le hanter. Il avait développé une sorte de trauma, à la suite de son combat contre la Reine.

Il essaya aussi d’utiliser en même temps son Qi et son Sang, mais ce fut un échec. Pendant ces 29 jours d’entraînement, il n’avait réussi à utiliser son Sang qu’une seule fois. Il était parvenu à la conclusion qu’il était encore incapable de l’utiliser sans l’aide des contraintes génétiques.

« Echec complet de ce côté-là, hein… »

Zheng secoua la tête d’un air déçu. Il avait essayé, à de nombreuses reprises, mais il n’avait presque jamais réussi à faire bouger cette énergie mystérieuse qui se trouvait dans son crâne.

Un point positif était que la quantité de Qi qu’il avait à sa disposition avait légèrement augmenté après  ce mois d’entraînement. Il était marqué dans la description de cette capacité qu’il était possible de progresser de cette façon, mais Zheng n’y avait pas cru auparavant. S’il disposait de suffisamment de temps, il allait pouvoir devenir comme ces personnages légendaires dans les light novels qu’il lisait étant jeune.

Quelqu’un toqua à la porte et une voix de jeune fille se fit entendre. « Sale pervers, tu n’es pas encore levé? Tu avais dit que tu m’emmènerais voir ton ancienne école! »

Zheng se leva et alla ouvrir la porte. Lori s’engouffra dans sa chambre et se mit à regarder partout autour d’elle. « Qu’est ce que tu cherches? » demanda Zheng, ne comprenant pas son comportement.

« Une femme. » lui répondit Lori en fronçant les sourcils. « J’ai vu ça dans plein de films. Quand un homme met du temps à ouvrir sa porte, c’est qu’il est avec une femme ou qu’il est en train de téléphoner à une femme. »

« Et où est-ce que tu as vu des films aussi stupides? Ce ne sont que des inventions destinées à des jeunes files qui n’y connaissent rien, comme toi. En vrai, aucun homme en train de tromper sa femme ou sa copine ne serait aussi étourdi. »

« Quoi! Tu en parles avec tellement d’assurance, tu ne m’aurais quand même pas trompé sans que je m’en aperçoive?! »

Zheng la prit dans ses bras en riant: « Qu’est ce que tu racontes encore. Je ne suis jamais sorti de chez mes parents sans que tu ne sois avec moi. Comment aurais-je pu séduire quelqu’un sans que tu ne le saches immédiatement? Tu vérifies tout à chaque fois quand tu rentres ici… Ok, arrête d’être aussi jalouse. Allons prendre notre petit déjeuner et ensuite je t’emmènerai dans mon lycée. »

Elle sourit: « Si tu penses qu’un argument pareil m’empêchera d’être jalouse, tu te trompes lourdement. Si, un jour, je trouve une de tes anciennes copines dans ta chambre, je deviendrai folle de rage, crois-moi! »

Zheng savait qu’il ne fallait pas essayer de raisonner une femme, surtout quand elle est aussi jeune que Lori. (TLT: ptain il arrête pas lui dis donc) Il laissa là le sujet et, ensemble, ils allèrent prendre leur petit déjeuner. Leur quatre parents étaient déjà à table en train de manger et tous rirent en les voyant sortirent ensemble.

Lori rougit et attrapa la main de Zheng avant de le traîner vers la sortie. « Lori, on doit manger avant d’y aller! »

« Non, on mangera à la cafétéria de ton lycée. Maman, Papa, nous serons de retour ce soir! »

Une fois à l’extérieur du bâtiment, Lori se tourna vers Zheng et lui dit: « C’est de ta faute, ils étaient tous en train de rire de moi! Ils savent sans doute… ce qui s’est passé entre nous. C’était terriblement embarrassant. Comment est-ce que je suis sensée les regarder dans les yeux maintenant? »

Zheng sourit et il était sur le point de taquiner Lori quand il sentit son coeur se serrer. Il connaissait bien ce sentiment désormais: c’était la sensation d’un danger imminent.

Sans la moindre hésitation, il attrapa Lori par la taille et courut à toute allure vers une avenue proche où il se mit devant  un taxi pour le forcer à s’arrêter et monter dedans. Ce n’est qu’après que le taxi avait redémarré et qu’ils s’étaient éloignés qu’il se relaxa enfin. Son dos était cependant trempé de sueurs froides.

Lori lui prit la main d’un air inquiet. Elle avait été prise par surprise et n’avait pas pu réagir, ni protester. « Qu’est ce qui s’est passé? Pourquoi as-tu paniqué comme ça, Zheng? »

Zheng secoua la tête et lui répondit: « Je ne sais pas. Pendant un moment j’ai senti que quelque chose de dangereux était pointé dans notre direction… C’était quelque chose de mortel, comme… oui, comme un fusil sniper! »

Effectivement, sur le toit d’un bâtiment deux cent mètres derrière eux se tenaient plusieurs hommes armés de fusils, tous braqués sur l’endroit où se tenait Zheng un instant auparavant. L’un d’entre eux s’empara d’un talkie-walkie suspendu à sa ceinture et dit: « La cible est dans un taxi, la plaque d’immatriculation est… Ses sens sont très aiguisés, il est probable qu’il soit un agent secret d’un autre pays. Il a immédiatement senti le danger quand nous l’avons mis en joue. Il est aussi très dangereux, soyez prudents et exécutez le plan B. »

Sur son siège arrière, Zheng s’était calmé. Il essaya de s’imaginer qui pouvait bien le traquer comme cela: le plus probable était que ce soient des triades locales qu’il aurait attiré à cause de son platine. Il en avait vendu l’équivalent de plusieurs millions ces derniers jours, plus qu’assez pour intéresser ces criminels. Même s’il avait utilisé un intermédiaire, il était toujours possible de remonter jusqu’à lui. Il y avait tout de même une incohérence dans cette hypothèse: comment est-ce que des gangsters se seraient procuré des snipers? Il était en Chine, pas aux USA!

La Chine était extrêmement stricte avec le contrôle des armes, il était presque impossible pour des criminels de mettre la main sur des armes aussi dangereuses, surtout une arme de tir à longue distance comme un fusil sniper. Le Gouvernement ne laisserait jamais passer cela.

Qui d’autre cela pouvait-il être, alors? Un groupe appartenant au Gouvernement? Pourquoi? A cause du platine? Quelques millions avaient rendu fou le Gouvernement? Impossible, la Chine était tellement puissante que cela ne représentait même pas une goutte d’eau dans l’océan!

De frustration, Zheng envoya son poing dans le siège devant lui qui se plia de manière étrange. En voyant cela, le conducteur, qui était sur le point de hurler de colère, fut estomaqué et ne dit rien.

Lori lui attrapa le bras et lui demanda avec insistance: « Qu’est-ce qui s’est passé? Sale pervers, qu’est-ce qui s’est passé? N’essaye pas de me le cacher! »

Zheng se força à sourire: « Tout va bien Lori, je suis là. C’est juste qu’on ne va pas pouvoir dire au revoir à nos parents. Quand il sera midi pile, les trente jours seront finis… Lori, est-ce que tu me crois? »

Elle était sur le point de pleurer mais elle s’obligea quand même à hocher la tête.

« Alors, quoi qu’il arrive, il faut que saches que je ne t’abandonnerai jamais. Quoi qu’il arrive! »

Zheng ne savait même pas qui étaient ses ennemis, ni pourquoi ils l’avaient attaqué. Etait-ce une erreur? Et était-ce lui qui était attaqué… ou Lori? 

Aujourd’hui était leur trentième jour sur Terre, ils devaient rentrer dans la Dimension. Il fit de son mieux pour planifier ce qu’il allait faire:  est-ce qu’il devait trouver un endroit où se cacher puis courir droit vers le bureau? Ou bien justement aller se cacher dans son bureau? Il devait impérativement se trouver dans son bureau avec Lori à midi et s’il était en retard, ils seraient tout les deux effacés de ce monde.

Tandis que Zheng essayait désespérément de savoir quoi faire, la taxi se retrouva piégé dans un embouteillage. Il n’y prêta pas beaucoup d’attention au début car c’était une zone de grande affluence et un embouteillage n’avait rien de surprenant. Cependant, quand le taxi s’avança de quelques centaines de mètres supplémentaires, il vit devant lui une barricade. Au même moment, plusieurs policier vinrent vers le taxi.

Zheng resta calme. Il serra la main de Lori comme si de rien n’était. Il n’était qu’un employé de bureau banal, accompagné de sa petite soeur. Ils avaient l’air de gens parfaitement normaux.

Un des policiers toqua à la fenêtre du taxi et demanda au chauffeur ses papiers tandis qu’un autre policier allait vérifier la plaque d’immatriculation. Les deux changèrent subtilement d’expression, mais essayèrent de le cacher; ce fut un échec. Zheng se tendit et il s’apprêta à activer son anneau. Quand les deux policiers sortirent leurs armes en même temps, il était sur le point de sortir son pistolet mitrailleur et de les tuer tous les deux, mais il s’arrêta juste à temps quand il s’aperçut que leurs armes n’étaient pas braquées sur lui… mais sur le chauffeur du taxi.

Le chauffeur avait l’impression d’halluciner et n’en croyait pas sa malchance. Tout d’abord, un jeune homme étrange débarquait dans son taxi avec une jeune fille dans les bras, lui faisant craindre un kidnapping. Puis le jeune homme détruisait l’un des sièges de sa voiture et maintenant il se faisait arrêter par la police!

Il se fit sortir de son véhicule, puis menotter et enfin emmener au commissariat.

Un jeune policier s’approcha en souriant de Zheng et de Lori, eux aussi sortis du taxi. « Nous sommes désolé de vous avoir dérangés, le chauffeur était un criminel activement recherché. »

Zheng poussa un soupire de soulagement, bien qu’il se sente toujours un peu inquiet. Il répondit avec un sourire poli: « Il n’y a aucun problème, au contraire, c’est nous qui vous remercions, si vous ne l’aviez pas arrêté, qui sait ce qui se serait passé! (TLT:  la police vient de sauver la vie au chauffeur de taxi…) Nous pouvons partir? Nous sommes pressés… »

Le policier répondit: « Bien sûr! Mais nous avons besoin de votre témoignage, il n’y en a que pour quelques minutes. C’est la responsabilité d’un citoyen, j’imagine que cela ne vous pose pas de problèmes? »

Zheng n’avait pas le choix, il devait le faire. Ils suivirent le policier qui les amena à côté d’un van de la police. Il se tourna vers Lori et lui dit: « Je vais y aller et signer leur papier, tu n’as pas à le faire. Je reviens tout de suite; à propos de tout à l’heure, il est possible que je me sois trompé et qu’en réalité le sniper ait été dirigé contre le chauffeur de taxi… Enfin, peu importe, tout va bien maintenant. Attends-moi ici. » Puis il monta dans le van.

Le van était obscur et, alors que sa vision était en train de s’adapter, son coeur se serra à nouveau. Simultanément, une demi douzaine d’armes sortirent de l’obscurité et furent braquées sur son visage, l’une d’entre elle le touchant même.

« Ne bouge pas. Pas le moindre mouvement. Si tu fais mine de bouger, nous n’hésiterons pas à te briser les os pour t’immobiliser. »

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