Chapitre 54 de Terror Infinity

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La médecine moderne permet de contrôler les émotions d’un humain à l’aide d’hormones et de neurotransmetteurs. Ce contrôle peut aussi prendre la forme d’une suppression totale, définitive. Cela donne l’impression d’être recouvert d’une épaisse armure faite de chair. Pas de sens du toucher, pas de douleur, d’odorat, de goût. Je ne peux percevoir le monde qui m’entoure que par mon ouïe et ma vue. Je ne ressens aucune émotion et je ne sais pas comment rire ou pleurer. J’ai fini par remarquer qu’interagir avec mon entourage devenait moins pénible quand j’imitais ces émotions. Depuis, j’ai analysé et appris dans quelles situations je devais afficher un sourire et dans quelles situations je devais faire semblant d’être soucieux. En permanence, je pense à l’attitude et à l’expression correctes que je dois afficher.

Je suis fatigué. Je veux sortir de cette armure, je veux sentir le monde qui m’entoure. Je veux goûter de la nourriture exquise, je veux ressentir la douceur de la soie et le frisson de l’amertume. Je veux me blesser et ressentir de la douleur, je veux être joyeux et rire, je veux pleurer et désespérer. Je veux être… vivant.

Mais c’est impossible, pour toujours.

Quand je suis arrivé dans la Dimension, j’avais l’espoir que ce Dieu omnipotent pourrait y faire quelque chose mais il ne fait que réparer les blessures.

Je n’ai aucune blessure, mon ADN n’a jamais subi le moindre dommage: je suis né comme ça, après tout. Il est modifié depuis le début et il n’y a donc rien à réparer.

Et je suis fatigué. Je ne veux plus avoir à réfléchir à quelles émotions je dois imiter. Je veux juste pouvoir me reposer, ne plus avoir à penser en permanence, ne plus avoir à simuler, juste m’endormir silencieusement…

***

Xuan tirait sur les femmes pâles sans jamais s’arrêter. Ses deux pistolets étaient extrêmement puissants. A chaque tir , ils détruisaient une partie du corps d’un des fantômes. Pourtant, il en restait encore une vingtaine qui continuaient à ramper vers lui; deux pistolets n’étaient pas suffisants pour toutes les tuer.

Il secoua ses mains et deux chargeurs se mirent à tomber; ils n’avaient pas encore touché le sol que deux autres les avaient remplacés et que Xuan avait rouvert le feu. Alors que les fantômes restants n’étaient plus qu’à quelques mètres de lui, il courut vers le mur et l’utilisa pour sauter par dessus les femmes qui étaient sur le point de l’encercler. Peu de temps après, toutes avaient été détruites.

« La quatrième vague! »

Xuan regarda attentivement tout autour de lui. Il était spécialement sensible au danger après avoir débloqué ses contraintes génétiques mais bizarrement il ne se sentait pas spécialement en danger… Est-ce que le Ju On avait déjà été détruit?

« Non, toujours pas de récompense, ni de notification de Dieu… Le Ju On continue. »

Alors qu’il se tenait sur ses gardes, une série de shojis apparurent soudainement sur le toit. Ils s’ouvrirent lentement et derrière se trouvait une chambre normale où un homme et une femme se disputaient avec violence.  (TLT: Ca doit ressembler à peu près à ça, avec le toit de l’immeuble à la place des tatamis.)

Puis l’homme se mit à frapper la femme, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’elle s’écroule sur le sol. Il alla ensuite prendre un couteau sur une table et la poignarda sans pitié: la femme avait les yeux grand ouverts et l’incrédulité se lisait sur son visage. Cependant, l’homme ne s’arrêta pas là: il se mit à disséquer le corps de la femme qui commença à trembler violemment. Xuan remarqua alors qu’elle avait tourné la tête et que ses yeux noirs grand ouverts… étaient désormais fixés sur lui. Elle ressemblait exactement aux fantômes qu’il venait de voir et le sang sur son visage la rendait terrifiante.

Xuan regarda la scène en silence. Quand l’homme, sa besogne finie, se tourna vers Xuan, ce dernier ouvrit immédiatement le feu; cependant, ses balles magiques n’eurent aucun effet et toutes le traversèrent.

« Une illusion? Ou… »

Xuan cessa de tirer. Ses sens aiguisés lui disaient qu’il n’y avait rien en face de lui. Aucun objet physique ne s’approchait de lui, pas de chambre, ni de danger. Il regarda calmement l’homme marcher vers lui puis brandir son couteau.

Xuan sentit alors un sentiment de danger imminent spécialement violent. Il sauta immédiatement en arrière mais il fut tout de même coupé au niveau de la poitrine; non, pas vraiment coupé puisque la chair et les vêtements situés à ce niveau là de sa poitrine disparurent. Juste après, il sentit son estomac se remplir et,en même temps, vint un sentiment de gonflement.

« La partie attaquée disparaît et se retrouve dans mon estomac. Comment a-t-il fait? Ce n’est pas une attaque physique, ni une attaque mentale… Une attaque spirituelle que la science ne peut expliquer, j’imagine. »

Xuan se mit à nouveau à tirer sur l’homme mais il obtint le même résultat que précédemment: les balles le traversèrent sans le toucher. Ses sens lui dirent qu’il n’était plus en danger et que rien ne se trouvait devant lui.

« Cela n’existe pas, donc aucune attaque ne peut le blesser. C’est seulement au moment où il attaque que… »

Xuan tendit un bras vers l’homme et quand ce dernier brandit à nouveau son couteau pour le couper, Xuan lui tira dessus avec son autre main. Le bras disparut en même temps que l’homme fut détruit, comme les autres fantômes. Simultanément, Xuan sentit son estomac se remplir.   

« … Je me sens sur le point d’exploser. J’aurais préféré de la nourriture délicieuse.. »

Xuan était toujours en mode ‘débloqué’ et, sans grande difficulté, il put refermer sa blessure. Encore une fois, il rechargea.

« La cinquième vague est terminée. »

Il attendit quelques secondes et le sentiment de danger s’amplifia de plus en plus, comme si les fantômes étaient sur le point de l’attaquer; pourtant, il ne voyait rien autour de lui. Lentement, ce sentiment de danger atteignit son apogée.

« Invisible? Non… Cela vient de mon propre corps! »

Xuan sentit ses organes internes se mettre à trembler et du sang coula abondamment de son nez et de sa bouche. Puis, il vomit une pleine gorgée de sang et de fragments d’organes internes.

« Alors c’est cela la sixième vague? Une attaque sur les organes venant de l’intérieur? »

Xuan sourit et sans hésiter pointa son pistolet sur son propre ventre. Puis, il pressa la détente.

***

« Tu vois? Il est encore en train de réfléchir sur ses problèmes mathématiques. Je ne sais pas s’il ressent quoi que ce soit d’autre que de la soif de connaissances… »

« Chut, baisse d’un ton. Il est déjà le vice-directeur de notre équipe de recherche et une fois que le directeur Chu sera mort, il sera responsable du laboratoire entier… Tu n’as pas peur de t’attirer des ennuis? »

« Ah, tu réfléchis trop. Tu pense vraiment que cet espèce de zombie a la moindre idée sur la meilleure façon d’attirer des ennuis aux autres? Il n’en ressent probablement même pas le désir… »

Xuan était en train d’écrire dans son cahier en silence. Il était un sur-homme sur le plan intellectuel comme sur le plan physique et il pouvait sans problème entendre ce que les gens chuchotaient sur lui. Cependant, comparés aux problèmes qu’il tentait de résoudre, ils n’étaient même pas dignes qu’il relève la tête pour les regarder. Il se contenta de continuer ses calculs en silence.

Plus tard dans la journée, dans une chambre de l’hôpital militaire de la base.

Les cheveux du vieil homme étaient devenus entièrement blancs avec l’âge et il était allongé sur un lit sans bouger. Il regardait Xuan qui était assis à ses côtés et qui le fixait d’un air froid, comme s’ils étaient deux personnes complètement étrangères l’une à l’autre.

Trois aiguilles reliées à des tubes perçaient les bras du vieillard. Il ouvrit la bouche avec difficulté: « Xuan… Est-ce que tu me hais toujours? »

« Haïr? » lui répondit calmement Xuan. « Pourquoi te haïrais-je? »

Le vieil homme se mit à rire avec amertume. « Haha, oui, pourquoi me haïrais-tu? Tu ne peux pas, après tout… Si tu pouvais effectivement me haïr, je n’aurais pas été autant rongé par la culpabilité et je pourrais quitter ce monde en paix… »

Xuan ouvrit la bouche, sembla hésiter, puis décida de ne rien dire. Un moment plus tard, il finit par demander: « Ils disent que tu vas mourir. Il n’y a… aucun moyen de te sauver? »

Le vieil homme secoua faiblement la tête et répondit: « Grâce à nos technologies actuelles, j’ai déjà la chance de pouvoir te parler… Xuan, ne sois pas comme nous et n’essaye pas de changer la nature humaine à l’aide de technologies. Nous avons été si stupides, à toujours être mécontents de nos vies; pourtant, aucun de nous n’a réalisé que nos faiblesses, nos désirs, nos défauts étaient ce que la Terre nous avait donné de plus précieux… Xuan, je suis désolé. Si je pouvais tout recommencer, je te donnerais une véritable enfance, une vie normale. Je suis désolé… »

Les yeux de Xuan s’assombrirent: « Ah bon, tu vas bientôt mourir…? Quand? »

En entendant ces mots, l’homme réussit soudainement à se lever sur un coude et lui attrapa un bras en lui criant: « Tu veux te tuer, c’est ça?! Dès que je serai mort, tu prévois de te suicider?! Non, cela fait des années que tu veux mourir, n’est-ce pas? C’est parce que je te retiens? C’est pour ça que tu as continué à endurer ta vie pendant toutes ces années? Non… »

« Xuan, je laisse tant de recherches inachevées. Il y a tant de technologies qui attendent d’être développées, comme le canon Gauss, le réacteur stable à hydrogène, la batterie à haute efficacité… Xuan, tu dois me promettre d’achever toutes ces technologies pour moi. S’il te plaît, tu ne peux pas mourir avant d’avoir complété ces recherches, s’il te plaît! Promets-moi! »

Xuan regarda le vieil homme en silence; ce n’est que quand sa respiration commença à s’accélérer dangereusement que Xuan finit par hocher la tête lentement. Constatant cela, le vieil homme lâcha prise et se laissa retomber dans son lit.

« Mon fils, si tu n’as aucun désir de vivre, alors je te donne le mien. Une dernière fois, juste une dernière fois, laisse-moi te contraindre. Continue à vivre, quoi qu’il arrive, pour moi… »

***

Xuan était allongé sur le sol, en train de regarder les étoiles.

La beauté du ciel étoilé était décidément indescriptible, se dit-il. Le seul moment où il arrivait à cesser de réfléchir était quand il regardait ces astres lointains, c’était le seul moment où il était enfin en paix.

« C’est bon, père. J’ai rempli ta dernière requête. C’est bon, maintenant, non? Je suis tellement fatigué… Laisse-moi me reposer enfin… »

Non loin de Xuan, une femme de plus de dix mètres de hauteur se dressa lentement d’entre les ombres. Il s’agissait du vrai corps du Ju On, de Kayako.

Xuan ferma les yeux quand que le fantôme gigantesque se dressa au dessus de lui. Sur son visage se trouvait un sourire calme, le premier sourire sincère de toute sa vie.

« Zheng, c’est mon dernier indice… Merci, Zheng… »

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