Chapitre 58 de Terror Infinity

Zheng rangea l’appareil dans sa poche et se mit à donner quelques consignes dans la précipitation:

« Zero, Yinkong, allez vous poster sur les toits à l’ouest du parc et mettez-vous en position de snipers. On restera en contact avec les talkie-walkies et je vous dirai quand vous pourrez ouvrir le feu. Attendez bien mon signal, les fantômes attaqueront d’abord les dernières personnes à les avoir blessés! Jie et Tengyi, si des fantômes me suivent, ouvrez le feu. »

Tous acquiescèrent en silence et Zheng se mit à courir vers la sortie du parc. Voyant cela, Jie lui cria, paniqué: « Zheng?! Où vas-tu ?! »

« Tenir ma promesse! Et… sauver notre groupe! »

Un groupe existait parce qu’il était capable d’unir des gens qui possédaient des intérêts communs. Leur intérêt commun, en ce moment, c’était leur envie de survivre quoi qu’il en coûte; mais, cela n’était pas suffisant pour les unir tous. Ce qui les avait rassemblé, c’était la promesse de Zheng de ne jamais abandonner quiconque, c’était là la base même de la confiance entre eux.

Le chemin jusqu’au Sunlight Hotel n’était pas long, il n’y en avait que pour quelques minutes à la vitesse de course de Zheng. Pourtant, Zheng était bien conscient de l’urgence de la situation et, dès qu’il fut sorti du parc, il alla se placer pile au milieu de la circulation. Immédiatement après, un crissement strident se fit entendre: un chauffeur était désespérément en train d’essayer de freiner à temps pour ne pas écraser le jeune fou qui venait d’apparaître sur la route.

Zheng regardait calmement la voiture approcher. Quand elle ne fut plus qu’à quelques mètres de lui, il sauta en avant, passa au travers du pare-brise et rentra dans le fauteuil passager. La violence de la collusion brisa en deux le siège et Zheng se retrouva finalement sur la banquette arrière, pied en l’air et tête en bas.

Une vingtaine de mètre plus loin, la voiture s’arrêta enfin. Le conducteur était sidéré par ce qui venait de se passer. Il était persuadé d’avoir tué quelqu’un et la première chose qu’il fit fut de se retourner pour vérifier la gravité de l’état du jeune homme. Etrangement, ce dernier semblait bien se porter. Il était même en parfaite santé, assis sur la banquette arrière et en train de pointer calmement un fusil d’assaut militaire contre sa tempe.

« Sors ! », ordonna Zheng en anglais. Heureusement, le chauffeur parlait lui aussi quelques mots d’anglais et il s’enfuit en courant de la voiture, à moins que l’air menaçant de Zheng n’ait suffit à lui faire comprendre la situation.

Zheng rangea dans son anneau son fusil d’assaut et balaya d’un coup de main les éclats de pare-brise avant de s’assoir et de prendre le volant. Toute la scène n’avait pas duré plus de dix secondes et Zheng était à nouveau en route vers le Sunlight Hotel. Il se sentait un peu étourdi à cause de l’impact, mais quelques grandes respirations l’aidèrent à se remettre de son choc.

« Lan, quelle est la situation? Ne pleure pas, dis-moi ce qui se passe! » cria Zheng tout en écrasant la pédale d’accélérateur.

Lan arrêta de pleurer et fit un effort pour parler: « Je n’ai pas encore vu le fantôme, le talisman brûle toujours, il brûle tellement vite… J’ai remarqué qu’il se mettait à brûler plus rapidement encore quand je m’approchais de la porte. Je n’ai plus que quatre talismans et je ne peux pas m’approcher de la porte… Zheng, qu’est ce que c’est que ce bruit? Tu es en train de conduire? »

« Oui, rassure-toi, je serai à l’hôtel dans une minute! Tu dois tenir jusqu’à ce que je sois là! »

« Non! Tu ne dois pas venir, le Ju On te tuera toi aussi! Je t’en supplie, arrête de faire l’idiot et ne viens pas, cela ne servira à rien… Si tu meurs, les gens qui t’aimaient seront tristes, Lori aussi sera triste! » dit Lan, tout en fondant en larme à nouveau.

Zheng garda le silence un moment puis répondit: « C’est la promesse que je t’ai faite… Effectivement, j’ai aussi promis à Lori que je reviendrai vivant, mais il me suffit de ne pas mourir! Je tiendrai toujours mes promesses, Lan, toujours! »

Alors qu’il finissait sa phrase, il freina brutalement: il venait d’arriver à l’hôtel. Il donna un coup de pied dans la portière et sortit en courant vers les escaliers. Il était déjà entré dans l’hôtel avant que les réceptionnistes n’aient eu le temps de réagir.

Il courut de toutes ses forces dans l’escalier. Il montait à une vitesse qui choquait tous les autres clients de l’hôtel. Soudain, il entendit Lan dire dans l’appareil: « Plus de talisman! » Puis, une fusillade éclata au-dessus de sa tête.

(Plus vite! Plus vite!!)

Zheng était en train de devenir fou, il était si près du but et il allait quand même échouer. Lan était faible, elle n’était pas très différente d’une femme normale et elle ne pourrait pas résister contre Kayako bien longtemps. Il essaya désespérément de se souvenir de la sensation qu’il avait quand il débloquait ses contraintes génétiques. Il se concentra sur cette sensation aussi fort qu’il pouvait et il réussit: Zheng sentit quelque chose se débloquer en lui et il passa en mode ‘débloqué’. C’était la première fois qu’il réussissait à faire cela sans être en danger de mort, de manière volontaire.

Il y avait un prix à payer, malheureusement: Zheng cracha plusieurs gorgées de sang et ses muscles se mirent à se convulser de manière incontrôlable. La douleur était atroce. Il avait l’impression que son propre sang était devenu du poison et le tuait de l’intérieur. S’il n’avait pas tenu dans sa main un talisman intact, il aurait été persuadé que c’était Kayako qui était en train de l’attaquer.

En même temps que la douleur vint une sensation de puissance encore plus intense que toutes les fois précédentes. Les instincts de combats innombrables, sa capacité à ressentir le danger et les techniques pour utiliser sa force lui donnèrent une sensation extraordinaire, comme s’il était devenu invincible.

Les clients qui voyaient passer Zheng était désormais terrifiés. Il était en train de courir à quatre pattes sur les murs à une vitesse si rapide qu’il en fracassait systématiquement une partie à chacun de ses ‘pas’.

« Ahhh! » cria Zheng comme une bête quand il arriva enfin à l’étage de Lan. Au même moment, le talisman dans sa poche commença à brûler. Il se consuma de plus en plus vite au fur et à mesure qu’il s’approchait de la chambre de Lan. Enfin, il vit au bout du couloir la porte de la suite où se trouvait Lan. Elle était ouverte…

Et ce qu’il y vit le rendit fou de rage. Lan était debout, tremblante, une main blanche fantomatique lui attrapant le coup. Il courut vers elle et lui colla un talisman sur le visage: la main lâcha immédiatement Lan et le bruit ‘kakaka’ se mit à résonner partout dans la pièce, comme si le fantôme avait été brûlé. Kayako apparu entièrement à quelques mètres de Lan, sa main devenue grise. Sans dire un mot, Zheng sortit son fusil et la cribla de balles magiques.

Lan s’était écroulée par terre quand le fantôme l’avait lâchée et elle se mit à trembler encore plus violemment, le talisman sur son visage brûlant à une vitesse inquiétante. Une dizaine de secondes plus tard, il s’était entièrement consumé.

Lan avait légèrement récupéré, son tremblement n’était plus aussi violent et son visage n’était plus aussi pâle.

« La deuxième… » essaya de dire Lan. Malheureusement, elle était encore trop faible et n’arriva pas à finir sa phrase.

Zheng se pencha vers elle: « La deuxième quoi? »

« C’était… la deuxième vague… »

La deuxième vague, autrement dit, c’était maintenant la troisième vague? Kayako allait l’attaquer par derrière!

Le regard de Zheng se fit acéré et il reposa Lan au sol avant de se mettre à courir vers le mur le plus proche. Il sauta dessus alors que le sentiment de danger augmentait et au moment où ses pieds touchèrent le mur une femme blanche apparut juste dans son dos, sur le point de le toucher. Utilisant le mur comme point d’appuis, Zheng se retourna au dernier moment et donna un coup de poing vers Kayako… en utilisant sa main droite, qui portait l’anneau Na.

Il était en train de faire circuler son Qi dans l’anneau et le coup traversa la femme en blanc, la dispersant presqu’immédiatement comme si le champ de force entourant l’anneau était un acide mortel.

« C’était la troisième vague et maintenant, la quatrième… L’attaque par une horde de fantôme, c’est ça? »

Sans perdre de temps, Zheng courut vers Lan et il n’avait même pas fini de la soulever que le son ‘kakakaka’ se fit entendre de toutes les directions à la fois. Le sentiment de danger imminent qu’avait Zheng était à son paroxysme. Il sentit une de terreur difficilement contrôlable monter en lui.

La première main translucide sortit du sol quelques secondes plus tard et une femme au visage déformé s’en détacha en rampant. Puis Zheng vit une deuxième femme apparaître, puis une troisième, une quatrième…

Zheng commença à toutes les mitrailler avec son fusil. L’arme n’était pas spécialement puissante mais elle était rapide et avait un chargeur particulièrement large. Après avoir tué une dizaine de femmes, il sentit un danger derrière lui: Zheng se retourna et vit une paire de bras apparaître par la fenêtre. Il courut au balcon et logea quatre balles dans le corps de ce fantôme; il était sur le point de se retourner et de continuer son massacre quand il s’immobilisa, le visage pâle.

La rue en bas de l’hôtel était remplie de fantômes de Kayako. Il pouvait en voir plus d’un millier et il y en avait d’autres qui arrivaient à chaque instant. La mort de Zheng et de Lan n’était qu’une question de temps…

« Lan, est-ce que tu me fais confiance? Même si cela ressemble à du suicide? »

Lan avait récupéré suffisamment d’énergie à ce moment là pour parler clairement. Elle hocha la tête et dit: « Oui. Même si tu me demandes de mourir, je te ferai quand même confiance. »

« OK… »

Il l’attrapa dans ses bras et la fixa fermement dans son dos à l’aide du gilet pare-balle, comme il l’avait fait dix jours auparavant avec Lori. (TLT: mais mec, t’as pas encore compris que c’était un plan foireux ça?! 😱)

« Accroche-toi bien! Fais-moi confiance, Lan… Je trouverai un moyen pour s’en sortir! »

Puis Zheng se mit à hurler de douleur. Lan vit avec horreur son bras droit se mettre à grossir à une vitesse terrifiante: rapidement, il devint trois fois plus épais qu’auparavant. Les muscles gonflés de ce bras étaient absurdes, comme s’ils sortaient d’un mauvais film de science fiction où un des personnages se serait greffé un bras mutant. (TLT: techniquement, c’est effectivement un film…)

« Le deuxième stade des contraintes génétiques… Lan, accroche-toi! »

Zheng la tint fermement avec sa main gauche et sortit son couteau progressif dans sa main droite. Il monta sur le balcon de la chambre d’hôtel et sauta du douzième étage.

« Ahhhh! »

Juste après avoir sauté, il planta son couteau dans le mur et ils tombèrent à toute vitesse en même temps qu’il découpait en deux la façade du bâtiment.

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