Chapitre 77 de Terror Infinity

O’Connell était plus ou moins forcé d’accepter leur demande et de les emmener à Hamunaptra. Cela dit, son expression crispée se transforma en un franc sourire lorsque Zheng lui offrit trois lingots d’or pour le remercier. Il emmena ensuite le groupe de Zheng dans l’hôtel où il logeait.

O’Connell était manifestement un habitué de cet hôtel : à peine entré, il engagea une conversation avec un jeune homme blond qu’il trouva dans le hall d’entrée. Il lui raconta son séjour en prison ainsi que son expérience inoubliable avec la potence de la ville.

Quelques minutes plus tard, O’Connell termina sa conversation et revint vers Zheng. « Restez ici, je vais aller vendre votre or et acheter des armes et des munitions. J’imagine que vous n’en avez pas besoin, non ? » dit-il en désignant Zero, un sourire aux lèvres.

Zheng sourit avec lui. Il savait que O’Connell était quelqu’un de fiable qui tiendrait ses promesses mais, malheureusement, ils étaient obligés de rester dans un rayon de 5000 mètre de lui. « À cause de plusieurs raisons complexes, j’ai bien peur que nous soyons forcés de vous accompagner et de vous protéger » expliqua Zheng d’un air désolé. « Mais ne vous inquiétez pas, nous ne tenterons pas de restreindre votre liberté ou de vous forcer à faire quoique ce soit ! De plus, nous savons que la cité des morts est gardées par des Touaregs. Nous nous chargerons d’eux quand nous les rencontrerons. »

O’Connell regarda Zheng d’un air confus, mais n’insista pas. « Et bien, dans ce cas, dépêchons nous. J’ai promis à mon amie de la retrouver au port de Giza demain matin, et il serait dangereux d’aller au marché noir de nuit. Allons-y. »

La journée se passa sans incident. O’Connell échangea facilement ses lingots d’or contre d’épaisses liasses de billets et il acheta non seulement un sac entier d’armes et de munitions, mais aussi de nouveaux vêtements et des chaussures de marche.

Tout d’un coup, Lan dit avec un sourire sournois : « Bien, nous avons encore besoin d’acheter quelque chose. Ça sera notre porte-bonheur. »

« Et qu’est-ce que c’est ? » demandèrent simultanément toutes les personnes présentes, y compris Zheng et O’Connell.

« Un chat ! »

Zheng et O’Connell se regardèrent: la logique de la chose leur échappait manifestement à tout les deux. Ils se retinrent cependant de faire un commentaire et le groupe se mit en quête d’un chat. A cette époque là il n’existait pas encore d’animalerie, ou en tout cas pas au Caire. Ils trouvèrent une maison aux fenêtres de laquelle se trouvaient trois chats et toquèrent pour négocier l’achat de l’un d’entre eux.

Quand il retournèrent à l’hôtel, O’Connell s’était ouvert au groupe et il plaisantait avec Zheng et Lan.

Pendant le dîner, O’Connell commença à raconter ce qu’il avait vécu quand il était un soldat, surtout la période où il avait découvert Hamunaptra, trois ans auparavant et comment il avait survécu.

« … On avait reçu l’ordre de trouver la cité des morts. D’après la légende, elle contenait une quantité astronomique d’or… D’ailleurs, je vous suspecte d’avoir trouvé votre or là bas. Peu importe, après avoir mangé du sable pendant des jours et des jours, nous avons finalement trouvé Hamunaptra. La tombe du pharaon, le livre de la vie et de la mort, de l’or à ne plus savoir quoi en faire… »

« Cependant, nous avons à peine eu le temps de l’explorer brièvement qu’un groupe d’individus en habits noirs nous attaqua. Ils voulaient nous tuer tous, sans nous avoir posé la moindre question. J’ai réussi à survivre grâce à quelque chose d’étrange : j’étais sur le point de me faire tuer quand le sol sur lequel je me tenais s’est tout d’un coup surélevé. Je me tenais sur le visage d’un homme, sans doute l’esprit qui gardait la tombe… Ahem, bref, j’étais le seul à avoir réussi à m’enfuir. Puis, j’ai du affronter le sable brûlant du désert, tout seul, pendant une éternité… »

O’Connell but une gorgé de son verre de tequila et continua : « À ce moment-là, je n’avais pas de vivres avec moi, pas d’eau ni de nourriture. Et il faut trois jours à dos de chameau pour atteindre l’oasis le plus proche depuis Hamunaptra. À pied, c’est cinq jours. N’importe qui serait mort dans des conditions pareilles… »

« Au troisième jour, j’ai commencé à manger des serpents et des scorpions. J’utilisais leur sang pour m’humidifier la gorge. La nuit, je creusais des trous pour atteindre le sable humide qui se trouve en dessous. Honnêtement, je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai fait pour survivre jusqu’à l’oasis. Hahaha, je ressemblais sans doute à une momie quand j’y suis arrivé ! »

Il racontait cela d’un air détendu, mais on pouvait deviner l’horreur de ce qu’O’Connell avait vécu. Zero et Yinkong mangeaient leur repas, indifférents, tandis que les autres réconfortaient de leur mieux O’Connell.

Ce dernier releva soudainement la tête et demanda : « Pourquoi voulez-vous trouver Hamunaptra ? L’or que vous m’avez donné était le plus pur que j’ai jamais vu. De plus, quand vous me l’avez donné, pas un seul d’entre vous n’a cligné des yeux. Autrement di,t une telle quantité d’or, de richesses, ne signifie absolument rien pour vous. Est-ce qu’il y a vraiment tant d’or que ça là-bas, pour que même un groupe aussi incroyablement riche que vous soit attiré ? »

Zheng ne répondit pas tout de suite. Il finit calmement son verre et dit : « Si je vous disais que nous n’y allons pas pour l’or mais parce que si nous n’y allons pas, nous mourrons tous, est-ce que vous y croiriez ? »

« C’est une malédiction ? » demanda O’Connell après un temps de réflexion. « Enfin, peu importe, je n’aurais pas dû poser la question. Je tiendrai ma promesse et demain, je vous emmènerai à Hamunaptra. J’espère simplement que cette fois-ci je n’aurai pas à m’enfuir comme il y a trois ans… »

Les membres du groupe se regardèrent. Ils connaissaient le scénario et ils savaient que O’Connell, si rien ne changeait, allait s’enfuir dans des conditions plus misérables encore que lors de sa première expédition. Il allait en effet libérer Imhotep et ce dernier allait le pourchasser pour le tuer pendant des semaines, sans lui laisser le moindre répit et ce jusqu’au Caire.

« Bien ! Alors nous nous mettrons en route, et tout se passera comme prévu ! » s’exclama Zheng en levant son verre, un sourire aimable aux lèvres.

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