RTW Chapitre 26 – Les leçons tirées de l’histoire

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« Votre Altesse, qu’est-ce que cela signifie ? » Avant Carter pensait seulement que le Prince agissait arbitrairement et seul, mais maintenant il était même devenu capricieux.

Sur la théorie de l’entrainement d’un soldat, le Commandant des Chevaliers ne pensait pas qu’il puisse y avoir une meilleure méthode que la sienne. Sa famille possédait de nombreux héritages et méthodes d’entrainement laissés par leurs ancêtres, de dix ans jusque quinze, les méthodes expliquaient comment développer correctement le corps et comment maîtriser toutes sortes d’armes. S’ils réussissaient à finir les cinq ans d’entrainement, ils deviendraient alors l’élite des soldats, aussi connus sous le nom de Chevaliers, et bien entendu, ces Chevaliers possédaient tous des lignées nobles.

En regardant cette bande de parias devant lui, qui ne pensait qu’à manger des œufs, Carter était très en colère ! Après tout… les œufs coûtaient cher !

Roland lui chuchota à l’oreille, « Regardez bien, et prenez note de tout. Ceci est le genre d’entrainement que vous devrez leur faire suivre durant ces prochains jours. Bien sûr, les détails seront légèrement différents. Je vais vous les lister sur papier. »

À l’époque des armes froides, deux ou trois mois d’entrainement n’étaient pas suffisants pour former correctement des soldats. Ce n’était pas assez pour former des Guerriers Spartiates habillés en peigne qui pouvaient étrangler des ours sauvages à mains nues. Roland ne misait non pas sur la capacité de combat individuel, mais sur leur discipline. Il voulait une armée disciplinée qui exécuterait ses ordres sans faillir.

La plupart du temps, la force du tout était supérieure à la force de l’un. Il avait juste besoin de former rapidement une unité. Accomplir cette tâche rapidement et passer à une autre était le choix le plus judicieux. De par sa propre expérience, il savait qu’un mois était suffisant pour transformer un groupe d’individus aléatoires en un groupe soudé avec une forte cohésion. Indépendamment du processus, il se devait d’arriver à ce but.

Quand le groupe serait capable de suivre les ordres, Roland pourrait passer à la prochaine étape du plan.

*

Van’er ne réussit finalement pas à obtenir son second œuf.

Cette fois, ils devaient tenir le double du temps de la première fois. Finalement, quelqu’un sentit ses jambes lâcher et tomba, terminant l’exercice.

Ce ne fut qu’à ce moment-là que le Prince permit à tous de se reposer, et ordonna à ses servants d’amener le déjeuner. Lorsqu’ils entendirent le mot « déjeuner », leur ressentiment envers celui qui était tombé se transforma rapidement en une excitation en prévision du repas qui les attendait. À ce moment, Van’er suspecta que Son Altesse n’avait jamais eu l’intention de les laisser manger un second œuf.

Le déjeuner était emballé dans quatre énormes barils qui étaient acheminés par chariot au camp d’entrainement depuis la ville. En plus de la nourriture, les chariots contenaient aussi des bols et des cuillères.

Van’er se lécha les lèvres, prêt à sauter sur les chariots. Mais il fut bloqué par le Commandant des Chevaliers qui se tenait devant lui.

Son Altesse Royale le Prince ordonna à tout le monde de s’aligner en quatre rangées et d’avancer un à un prendre leurs couverts. Quiconque oserait troubler l’ordre se verrait envoyé en fond de rangée et aurait son repas servi en dernier.

Les rangs étaient très bruyants puisque tous essayaient de jouer du coude pour obtenir une meilleure position. Van’er eut beaucoup de chance, il se tenait parmi les premiers de sa rangée. Comme prévu, certaines personnes exprimaient ouvertement leur mécontentement. Ainsi, au sein des rangs, le son de disputes et de bagarres pouvait être entendu. Aussitôt, les Chevaliers et quelques gardes se précipitèrent dans la foule et calmèrent les faiseurs de trouble en les forçant à attendre en fin de rangée.

Bande d’idiots, pensa Van’er quand il vit l’homme à la tête des émeutiers. Il le connaissait, il était considéré comme le meilleur combattant de rue de la ville, aussi connu sous le nom de « Poing Furieux ». Il se reposait principalement sur la force brute pour susciter des ennuis un peu partout dans la ville.

Mais maintenant, seulement à mains nues contre des Chevaliers et des gardes armés d’épées, il donnait un tableau pitoyable. Regardez sa pauvre apparence maintenant !

Il avait maintenant une vague image des préférences de Son Altesse.

C’était de devenir une unité.

Debouts, droits, alignés, l’armée devait être disciplinée. Tout le monde avait un passe-temps un peu plus étrange que les autres, et pour certains, c’était la méticulosité. Tout devait être arrangé parfaitement, en ordre, et quiconque osait se démarquer se ferait remettre en place.

Dans l’opinion de Van’er, ce genre de personne étaient ennuyant et n’avait rien de mieux à faire de ses journées. Ils cherchaient juste une excuse pour se divertir.

Il n’avait pas suspecté que Son Altesse Royale faisait partie de ce genre de personne.

Quand les couvercles se soulevèrent, Van’er sentit immédiatement le puissant arôme de la nourriture.

Quand l’arôme se dispersa, il faillit perdre contrôle de lui-même et tomber dans la tentation. La foule quant à elle ne tenait plus en place, mais un rugissement de la part du Commandant des Chevaliers calma même les plus bruyants. Van’er savait qu’il devait se remettre en ligne.

Et en effet, sans grande surprise, le 4ème Prince obligea tout le monde à prendre leurs cuillère et bol en premier, puis les fit s’aligner de nouveau pour recevoir la nourriture.

Tous salivaient à la vue d’un tel spectacle, et devaient se tenir l’estomac qui grondait, mais ils suivirent les instructions à la lettre. Etant donné l’exemple de Poing Furieux, ils se tinrent debout, silencieux, en attendant leur tour.

Les barils étaient remplis de bouillie de blé chaud. À la surprise de Van’er, il remarqua que la bouillie contenait même des morceaux de viande sèche ! Même si ce n’était que de petits morceaux, cela restait de la viande ! Après qu’il ait eu sa portion de bouillie, il eut aussi sa récompense, son œuf.

Van’er faillit engloutir les couverts. Il ressemblait à quelqu’un n’ayant pas mangé depuis des jours, et il léchait le fond de son bol encore et encore après avoir fini sa nourriture. Il ne prit même pas le temps de mâcher l’œuf, il l’avala tout entier, l’envoyant directement au fond de son estomac. Il mangea trop et ne fit pas attention, sa langue commençait à développer des cloques.

Après avoir reposé le bol vide, Van’er tapota son ventre et fit un magnifique rot de bonheur. Il n’avait pas apprécié un aussi délicieux repas depuis pas mal de temps. Et encore plus incroyable, il se sentait repu. Manger de la bouillie avec du pain noir, même si c’était comparé au Paradis, ce ne serait pas mieux. S’il pouvait manger à son aise tous les jours, alors combattre des bêtes démoniaques tous les jours ne le dérangerait pas.

Après le diner, ils eurent tous une longue période de repos. Pendant ce temps, tous furent rapatriés au sein du Mur de Ville, marchant une longue route jusqu’à la résidence des patrouilleurs de la ville. Un homme corpulent, du rang de Chasseur, sortit et commença à leur enseigner l’art d’installer des tentes.

Van’er le connaissait, c’était une personne connue dans la ville sous le nom d’Iron Axe. Grâce à sa superbe habileté au tir à l’arc, même le chasseur le plus expérimenté de la ville devait reconnaitre son talent proche de la perfection. Attendez une seconde, depuis quand est-ce qu’Iron Axe a commencé à travailler pour le Prince ?  Il ne l’avait jamais vu au côté des Chevaliers auparavant. Van’er fronça les sourcils. Quel est le but ultime de Son Altesse Royale ? Il fait partie de la Nation des Sables.

« Avez-vous vraiment l’intention de nommer un homme de la Nation des Sables comme capitaine ? » Carter se posait la même question, « Il n’appartient pas à Graycastle, ce n’est même pas un homme issu de notre continent. »

« Les Sorcières n’appartiennent pas non plus à Graycastle », Roland refusa son argument, « Mais ils appartiennent tous à Border Town. De plus, ne pouvez-vous pas voir ce qui est en train de se passer ? »

« Mais, Votre Altesse… »

« Ne vous en faites pas », Roland tapota l’épaule du Chevalier, « À Border Town, nous ne faisons aucune discrimination quant à l’origine de chacun. Tant qu’ils respectent les lois du Royaume, ils seront mes sujets bien-aimés. Vous n’avez réellement pas à vous en faire, vous pouvez aussi choisir deux capitaines. Quoiqu’il en soit, dans le futur, nous aurons besoin de plus d’équipes, il n’est pas impertinent de choisir déjà quelques recrues prometteuses. Oh, c’est vrai ! J’ai déjà écrit le programme d’entrainement. Plutôt que de vous prendre la tête avec les habitants de la Nation des Sables, je pense que vous devriez plutôt vous soucier de cela. »

Carter prit le parchemin des mains de Roland. En parcourant son contenu du début à la fin, il se sentit soudainement titubant. Le programme d’entrainement était très excentrique, par exemple, dans l’après-midi, tous devaient courir autour de Border Town après avoir mangé le déjeuner et ce, jusqu’au coucher du soleil. Les lignes soulignaient même que tous devaient suivre ce programme et qu’ils étaient même autorisés à s’aider entre eux. S’ils réussissaient à tenir jusqu’à la fin, ils auraient un œuf supplémentaire pour le diner. Un autre exemple, la nuit quand ils entendraient les loups hurler, ils devaient revenir le plus rapidement possible et avertir tout le monde. Avec de genre de techniques d’exercices, tous se sentiraient perplexes.

Si les quelques premiers exercices étaient difficiles à comprendre, alors le dernier laissa Carter confus pendant un long moment.

Chaque jour après le diner, ils devaient aller étudier à l’école de Mr. Karl.

« Votre Altesse… Quelle est la signification de cette éducation ? Doivent-ils apprendre à lire et écrire ? »

« J’espère qu’ils y arriveront, mais le temps est trop limité. Karl ne peut leur apprendre que des mots simples et quelques chiffres. En ce qui concerne l’éducation, j’en parlerai personnellement à Karl. Vous avez juste besoin de les envoyer à l’école. »

« Mais pourquoi diable devraient-ils apprendre à lire et écrire ? Ces connaissances ne les aideront pas à combattre les bêtes démoniaques ! »

« Qui a dit cela ? » Roland bailla, « Une bonne unité doit aussi être éduquée. C’est une leçon tirée de l’histoire. »

 

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