Sansheng Chapitre 10 – Tu es vraiment méconnaissable dans cette existence

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(C’est pas une image officielle mais je trouve qu’elle représente bien le Novel)

cherry-blossom

 

Je ne vis plus Zhonghua depuis ce jour. Je devais vraiment l’avoir énervé. Ou peut-être qu’il serait plus juste de dire qu’il ne m’avait jamais appréciée dans cette existence.

Chang’an était encore trop jeune, il ne pouvait fournir aucune information utile. Néanmoins, il fut tout de même capable de résoudre la plus grande question dans mon esprit, le Maître de Zhonghua était une femme.

Une femme.

En entendant cela, je me sentis comme s’il m’avait trompée. Il avait clairement dit qu’il ne se laisserait séduire que par moi. J’avais fait tout mon possible pour le séduire, et pourtant il …

Je fus si contrariée que j’arrêtai de courir aux limites du champ de force pour crier son nom.

Un jour, le ciel de Liubo s’assombrit d’un miasme si épais qu’il me réveilla. Je savais que Hu’yi était en train d’attaquer.

Chang’an était aussi anxieux qu’une fourmi perdue dans une pile de charbon, en criant qu’il vivrait et mourrait avec Liubo. Ennuyée par ses nonsenses, je le mis inconscient et l’enfermai dans la résidence. Peu après le début de ma balade dans la forêt, j’entendis des bruits de combat de l’autre côté.

Le soupir, les humains sont tellement étranges. S’ils veulent se tuer l’un l’autre, ils devraient juste le faire. Pourquoi avaient-ils aussi besoin de torturer mes oreilles avec leurs cris ? Ils agissaient comme si crier pouvait tuer leurs adversaires sur place.

Un bruyant ‘boom’ retentit en même temps que le champ de force fut réduit en cendres après un rayon de lumière. Quelqu’un flottait dans les airs ; ses habits noirs et ses longs cheveux se balançant avec le vent. Hu’yi. Il balaya la forêt de pruniers des yeux. Quand il me détecta, il se posa et dit, « Je n’ai jamais aimé devoir une dette à quelqu’un. Tu m’as libéré, maintenant je te libère. Nous sommes quittes maintenant. »

Le soupir X 2. Il était la réincarnation du Révérend Impérial, aucun doute sur son cas. Cette habitude d’imposer son aide sur les gens était exactement la même.

Alors que j’étais sur le point d’ouvrir ma bouche pour refuser de partir avec lui, une voix froide intervint la conversation, « Vous deux devriez abandonner toute idée de partir de Liubo. »

Je me retournai. Zhonghua pointait son épée vers Hu’yi, son visage glacial, « Vingt ans auparavant j’ai épargné ta vie, et maintenant tu oses attaquer Liubo ! Je t’enverrai dans ta tombe aujourd’hui. »

Je regardai l’expression sur son visage quand une sensation inconfortable émergea en moi. Je reculai de deux pas et me cachai derrière Hu’yi, tournant mon dos à Zhonghua.

Hu’yi fixa Zhonghua avec un ricanement aux lèvres, « Je n’ai pas besoin de tes faveurs. Tu peux facilement me tuer maintenant que tu es devenu le Grand Révérend. Mais est ce que ces étudiants de Liubo peuvent contenir les attaques des monstres attendant dehors ? Est-ce que tous ceux recherchant la divinité sont aussi puissants que toi ? »

La soif de sang de Zhonghua monta d’un cran.

Hu’yi continua, « Zhonghua, si tu peux me promettre une seule chose, je t’assurerai une façon de repousser les démons sans qu’une seule âme soit blessée. Et par-dessus tout, ma vie sera entre tes mains, tu pourras en faire ce que tu veux. »

Même moi, j’étais surprise par ses propos soudain, sans parler de Zhonghua. Il avait passé tellement de temps pour préparer l’attaque sur Liubo rien que pour négocier avec Zhonghua ? Soudainement, je devins très très curieuse quant à l’objet de sa requête.

Zhonghua resta silencieux un moment, « Quelle est ta requête ? »

Hu’yi tendit sa voix, « Elle aurait dû reposer en paix depuis longtemps. Laisse-la aller ! »

En entendant ces mots, le visage froid de Zhonghua devint encore plus frigide, « C’est hors de question. »

Hu’yi devint furieux. « Peu importe les circonstances, elle a été ton Maître. Elle t’a éduqué et a veillé sur toi ! Vous l’avez emprisonnée pendant plus de vingt ans. Si cela continue, elle cessera d’exister ! Zhonghua, as-tu forgé ton cœur en de l’acier ? »

Je levai un sourcil et dirigeai un regard curieux vers Zhonghua, mais tout ce que je vis fut un visage inexpressif. « Elle est tombée amoureuse avec un démon et a trahi Liubo, menant à notre souffrance et à une calamité. En suivant les règles, elle se doit d’être punie en ayant son âme scellée. »

Avoir son âme scellée. Son âme serait alors liée à ce monde, incapable de partir avec les messagers fantômes des Cieux, liée à ce monde jusqu’à ce que l’âme ne s’épuise. Pour les âmes, être piégée dans le monde des humains était une punition très cruelle. Si l’âme s’évaporait, elle ne se réincarnerait jamais. Néanmoins, cette sorcellerie était très ordinaire dans l’outre-monde. Et ce parce que dans l’outre-monde, il n’y avait que des âmes ou des esprits Les messagers fantômes utilisaient régulièrement ce sort sur ceux qui avaient péché pour les juger auprès de Yanwang.

Je pensais que cette sorcellerie n’était pas connue des humains, mais je ne savais pas qu’elle était en fait bien présente, se passant de génération en génération à Liubo.

Vingt ans. C’était assez pour transformer une âme en de la cendre …

Hu’yi serra les poings.

Je réfléchis un moment. C’était un sacrilège de sceller une âme vivante. Dans la situation actuelle, Zhonghua haïssait Hu’yi et vice-versa. C’était probablement la tribulation ‘rencontre malgré la haine’. Si Zhonghua ne laissait pas Hu’yi libérer l’âme, quand elle se dissiperait, Zhonghua serait surement foudroyé par trente-six coups de foudre. Avec ce corps fait de chair et de sang, je craignais qu’il ne puisse même pas en supporter un seul.

Après avoir mis de l’ordre dans mes pensées, je tapotai l’épaule d’Hu’yi, « Quel genre d’âme est-ce ? Sais-tu où elle est scellée ? »

Hu’yi se tourna pour me regarder. Les yeux de Zhonghua étaient aussi sur moi quand il dit dans le mépris le plus total, « Je te suggère de ne pas fourrer ton nez où il n’appartient pas. »

Je me mordis les lèvres, en pensant que cette incarnation de Moxi était vraiment déplaisante. Et malgré tout je ne pouvais le laisser faillir ses épreuves juste parce qu’il n’était pas gentil dans cette existence. S’il se faisait foudroyer maintenant, alors qui séduirais-je la prochaine fois ?!

« Où est-elle ? » demandai-je à Hu’yi encore une fois.

Les yeux de Hu’yi s’illuminèrent. Il m’avait vu détruire la Pagode des Milles Ecluses en une soufflée d’air. Trop désespéré en ce moment pour émettre des doutes, il pointa une haute et magnifique tour pas trop loin d’ici et dit « En haut de la Tour des Millions d’Etages. Mais elle aura tout de même besoin d’un guide après s’être libérée … »

La Pagode des Milles Ecluses, la Tour des Millions d’Etages … Etaient-ils supposés ne jamais se rencontrer de la vie ? (1) C’était un peu trop cruel. Je lui tapotai les épaules, le rassurant, mais je jetai aussi un regard envers Zhonghua qui émettait de plus en plus d’intentions meurtrières. « Gagne du temps. » Des bruits d’affrontements commencèrent à résonner derrière moi. Je les ignorai, espérant seulement que Hu’yi pouvait gagner suffisamment de temps.

  • L’auteur joue sur la disparité entre la Pagode située au fond de la mer et la Tour très haute (Millions d’Etages). Les noms suggèrent donc un amour impossible mais aussi une séparation lointaine aussi bien physique que morale.

J’étais née dans l’outre-monde. Bien que je ne fusse pas un messager fantôme, je savais comment escorter des esprits … Bon, peut être que je manquais tout de même un peu de professionnalisme.

Après être montée en haut de la Tour des Millions d’Etages, je remarquai une petite tablette commémorative posée sur un autel d’encens au milieu d’un endroit vide. Rien n’était écrit dessus, mais c’était très propre. Apparemment quelqu’un venait souvent ici pour dépoussiérer les lieux.

Je regardai aux alentours sans trouver la moindre trace de l’âme scellée du Maître de Zhonghua. Alors que je me grattai la tête, je vis soudainement une petite lueur briller d’en haut. Je levai la tête pour mieux voir la lumière. Il y avait une bougie fixée sur la poutre du plafond. Sur la poutre, il y avait une peinture, le portrait de quelqu’un semblerait-il.

Je sautai jusqu’à la poutre pour étudier la peinture de plus près.

La peinture représentait une femme habillée en blanc se tenant de dos. Sa tenue ne différait pas trop de celle que les prêtres de Liubo portaient actuellement. Elle tenait une branche de fleurs de pruniers et était légèrement penchée en avant, comme pour sentir les fleurs.

Mon coeur s’affola.

Si je n’avais pas vu l’inscription sous l’autel, j’aurais cru que c’était un portrait de moi que Moxi avait peint et qui avait survécu depuis la dernière existence de Moxi.  « Peint à la Dixième année de Zhengwu, au Pavilion Shili à Liubo. »

En rassemblant les informations que je possédais, ce n’était pas très difficile de deviner que la personne peinte était le Maître de Zhonghua.

Je ne pouvais pas croire que son Maître me ressemblait autant … Ainsi ce sentiment de trahison que j’avais auparavant s’évapora dans l’air.

Si le portrait était ici, alors … J’étais sur le point de prendre le portrait quand une lumière dorée en jaillit et me repoussa.

Un champ de force.

L’âme de la femme avait dû être scellée dedans. Je rassemblai de l’énergie spirituelle dans ma paume et frappai le champ de force. La lumière dorée scintilla deux fois avant de disparaitre. Je descendis joyeusement la peinture. Comme prédis, j’y trouvai une masse blanche dedans.

J’avais vu pas mal d’âmes auparavant, mais jamais je n’avais vu une âme aussi faible. Si j’étais arrivée ne serait-ce que quelques jours plus tard, cette chose se serait complètement laissée mourir. Je récitai un sortilège qui brisa facilement le sortilège de verrouillage d’âme. Je la plaçai dans la palme de ma main et lui insufflai un peu d’énergie spirituelle de sorte à ce qu’elle ne meure pas avant d’arriver à l’outre-monde.

En la tenant, je sautai du haut de la haute tour avant de la relâcher vers le ciel. Elle ne partit cependant pas. Elle flotta dans les airs comme si elle essayait de rester à Liubo aussi longtemps qu’elle le pouvait.

« Vas », lui dis-je. « Tout ce qui appartient à ce monde n’est plus que chose du passé pour toi. Même s’il est difficile de s’en détacher, tu ne peux revenir dans ce monde. » Je réfléchis un peu plus et lui dis, « Les fantômes de l’outre-monde sont très gentils. Dis-leur que tu connais Sansheng. Peut-être qu’ils te feront passer par la porte arrière. »

L’esprit hésita un peu, puis partit doucement vers la résidence de Zhonghua. Je la fixai un moment puis je volai vers la résidence de Zhonghua.

La vue était excellente. Je regardai au loin les deux figures de Zhonghua et de Hu’yi se livrant à une bataille sans merci. Hu’yi était manifestement en mauvaise posture, mais s’il donnait tout ce qu’il avait, Zhonghua ne l’aurait pas facile non plus. Apparemment suffisamment irrité par le combat, Zhonghua sortit son épée du fourreau.

Hu’yi était sur point d’esquiver quand tout à coup, il s’arrêta brusquement et n’esquiva pas l’épée de Zhonghua, laissant l’épée pénétrer droit dans son cœur à travers la poitrine.

Je pensai, je savais ce qu’il avait vu. Je savais aussi qu’il devait sourire.

Je saluai les deux âmes, les envoyant vers la réincarnation. Ensemble, ils verraient la Grappe d’Amaryllis et peut être qu’ils graveraient même leurs noms sur ma pierre.

Depuis la Tour des Millions d’Etages, je les regardai partir dans l’outre*monde. Quand je tournai mon regard, je sentis une violence sauvage me viser. Au loin, Zhonghua me fixait d’un regard sinistre. Je me rappelai soudainement de la première chose qu’il m’avait dite en commençant cette existence, « Si vous n’êtes pas de notre monde, alors vous êtes différente. »

Si j’y réfléchissais, mon esprit était en effet un peu ‘différent’ du sien dans cette existence. Premièrement, j’avais détruit la Pagode des Milles Ecluses et avais libéré le démon loup Hu’yi, menant à l’attaque de l’armée des démons sur Liubo. Maintenant, j’étais en train de libérer son Maître, permettant à son Maître de se réincarner avec Hu’yi.

Le Vénérable Zhonghua devait vraiment me mépriser !

Alors que je lui fis un sourire, j’aperçus abruptement un démon serpent ouvrir la porte de la cabine pas très loin de la forêt de pruniers. Mon coeur s’agita sous la peur. Chang’an était encore dedans !

Sans avoir le temps de réfléchir, je sautai et me précipitai dans la cabine. A la porte, je vis Chang’an se débattre dans son lit. De sa bouche sortait la queue d’un petit serpent jaune, se remuant de façon effrayante.

Ce genre de démons serpents adoraient les entrailles des enfants. Ils reprenaient leurs vraies formes et rampaient dans les bouches des enfants pour dévorer tous leurs organes internes.

Je m’avançai de deux pas, immobilisai Chang’an, puis agrippai son cou d’une main et la queue du serpent de l’autre. Je transmis les forces des ténèbres dans le serpent, le tuant dans l’estomac de Chang’an, puis je sortis le serpent doucement de sa bouche.

Tout d’un coup, des picotements se firent sentir sur ma colonne vertébrale alors que j’entendis le son strident du métal perçant de la chair.

Je baissai mon regard pour voir une épée empalée dans mon ventre. La douleur n’avait pas encore fait son chemin jusqu’à mon cerveau. Qui voudrait me tuer ? Je voulais curieusement savoir.

Je me retournai. Zhonghua me fixait d’un regard menaçant, « Je ne te laisserai pas mettre la main sur les étudi… » En plein milieu de sa phrase, ses pupilles se concentrèrent sur le petit serpent jaune dans ma main.

Un silence mortuaire remplit la chambre. Seul le son du vomissement de Chang’an était audible. Il ne vomit pas longtemps avant de s’évanouir.

« Il ressemble tellement au toi du passé que je n’ai pas eu le coeur de … » Je me mis à glisser sur le sol, dans ma gorge, il y avait un goût sucré et épicé, « Je ne suis pas un démon. »

Si c’était une épée mortelle, je ne sentirais rien même avec quelques coups de plus. Malheureusement, l’épée de Zhonghua était une épée héritée de génération en génération dans la secte de Liubo. Pour un être spirituel venant de l’outre-monde tel que moi, on pouvait dire que c’était mon pire Némésis.

Je sentis mon corps perdre sa vigueur, et je ne pus finalement pas m’arrêter de serrer sa manche. Je lui souris, « Tu es si méconnaissable dans cette existence, tu sais. »

Ebahi, il ne donna aucune réaction.

« Mais ce jour … mon cœur s’est brisé quand tu as appelé ton Maître alors que tu te reposais sur mon genou … »

La douleur vint, pas seulement la douleur de la blessure, mais aussi la sensation brûlante causée par le clash des forces des ténèbres dans mon corps et de la lumière de l’épée. Je lui saisis fermement les manches. Comme s’il s’était soudainement réveillé de sa transe, il me porta et courut, « Il y a des médicaments dans le hall principal. »

C’était peut-être une illusion, mais j’eus l’impression que la personne me portant affichait une expression très différente de la froideur qu’elle affichait normalement.

Pourquoi cet homme était si contradictoire ?

Ma vision s’estompa graduellement.

Après que le champ de force se soit brisé, la neige sur la forêt de pruniers commençait à fondre avec les fleurs fanées des pruniers rouges, apportant à la cour un paysage de désolation.

Je plongeai les yeux sur son visage et rassemblai le peu de forces qu’il me restait pour afficher un sourire. « Sais-tu pourquoi j’aime ce parfum muet et cette pure neige blanche ? » J’étais déjà en train de murmurer à ce point, même moi je ne m’entendais pas. Mais il s’arrêta et me regarda, les émotions dans ses yeux noirs s’agitaient.

A ce moment-là, je pensais qu’il avait brisé le sortilège de la Vieille Meng et qu’il se souvenait de tout ce qui s’était passé avant. Puis, je sombrai doucement dans les ténèbres et je vis mes veilles connaissances encore une fois dans ma transe.

Je m’entendis dire pour la dernière fois, « Ne prononceras-tu pas mon nom juste une fois ? »

Il resta silencieux.

Alors il ne connaissait même pas mon nom dans cette existence …

 

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