Shen Yin Wang Zuo chapitre 81

Chapitre 81 : Cai’er, la fille aveugle (3)

Alors qu’il prenait la parole, Long Hao Chen mit son épée dans sa main gauche et s’apprêta à attraper la canne de bambou avec sa main droite. La jeune fille était immobile et ressentit un frisson venant du fond de son cœur quand Long Hao Chen se plaça près d’elle. Elle lâcha sa canne presque inconsciemment.

« Pas la peine. » La voix de l’adolescente était très froide mais ce n’était pas la même froideur que celle de Ye Hua. Celui-ci était froid extérieurement mais chaleureux à l’intérieur mais Long Hao Chen sentait que cette fille était presque aussi glaciale que la mort elle-même. Elle ne semblait même pas vivante.

« Laisse-moi t’aider s’il te plaît, je vais t’escorter chez toi. » Long Hao Chen essaya de rendre sa voix aussi douce que possible.

« Je t’ai dit que ce n’était pas la peine. » dit froidement la jeune fille tout en continuant à avancer.

Long Hao Chen resta sur place et regarda la silhouette qui devenait de plus en plus lointaine. Il se sentit soudain déprimé, sans savoir si c’était parce qu’il n’avait pas aidé l’adolescente ou pour une autre raison.

Il secoua lentement la tête et soupira. Un éclat bleu émana de son anneau « ne m’oublie pas » et il y rangea son épée et son bouclier. Il se dirigea vers son hôtel à grands pas.

Cependant, à l’instant où il stocka son arme, la fille devant lui s’arrêta soudainement et se retourna.

« Hé. » appela-t-elle d’une voix calme, la froideur qui emplissait sa voix semblant s’être affaiblie.

Long Hao Chen avait pris la même direction qu’elle ; il était sur le point de la dépasser quand il l’entendit l’appeler et s’arrêta instantanément.

La jeune fille leva la main droite et la tendit vers l’adolescent, « Peux-tu m’escorte un petit moment s’il te plaît ? »

Long Hao Chen fut confus par son changement soudaine de comportement mais répondit tout de suite : « Bien sûr. » Tout en parlant il leva sa propre main gauche et prit la petite main blanche de la jeune fille.

Cette main était très douce, d’une douceur similaire à celle d’un tofu trempé dans l’eau, et ses cinq doigts minces semblaient avoir été sculptés dans de la jade. Il serra sa paume et une sensation de douceur et de chaleur le traversa. Long Hao Chen n’avait jamais ressenti quelque chose d’aussi agréable.

De l’autre côté, quand la jeune fille avait pris la main de Long Hao Chen, ses doigts doux et tendres avaient frotté légèrement l’anneau « ne m’oublie pas » qui était passé au doigt de l’adolescent.

Celui-ci avait le visage rouge ; il avait en effet déjà atteint l’âge du premier éveil de l’amour. Alors qu’il tenait la douce main de la jeune fille, son cœur s’était inconsciemment accéléré.

La jeune fille portait son voile donc il ne pouvait pas voir l’expression sur son visage. Néanmoins, à l’instant où elle toucha son anneau, elle serra fermement son autre main en un poing, raidissant soudainement son corps délicat.

À cause des émotions tumultueuses qui naissaient dans le cœur de Long Hao Chen, sa perception s’était affaiblie. Il ne remarqua même pas les changements subtils dans l’humeur de la jeune fille.

« Où vis-tu ? » tout en parlant, Long Hao Chen cacha avec difficulté ses sentiments

La jeune fille répondit : « 250 mètres tout droit, puis 125 mètres après avoir tourné à droite et enfin 66 mètres après avoir tourné à gauche et nous serons arrivés. »

Le cœur de Long Hao Chen rata un battement. Ce n’était pas parce qu’il était étonné que cette fille connaisse aussi précisément ces distances mais parce qu’il était vraiment triste pour elle. Pour savoir ses distances aussi bien, quelle quantité d’efforts avait-elle dû accomplir ? Il sentit instantanément que la partie la plus tendre de son cœur s’était exacerbée.

Inconsciemment, il raffermit son emprise sur la main de la jeune fille et avança lentement.

Les deux marchèrent silencieusement ; ils étaient lents mais sans savoir pourquoi, Long Hao Chen se sentait vraiment bien. C’était la première fois qu’il marchait main dans la main avec une fille ; même si c’était pour l’aider, il avait en quelques sortes envie de continuer à marcher en tenant cette main pour toujours.

L’attitude de la jeune fille était glaciale, mais elle était calme et avançait régulièrement sans difficulté. Elle suivait simplement Long Hao Chen aveuglément, ses cheveux violets pris dans le vent, et l’adolescent ressentit pour elle quelque chose qui ressemblait à de l’affection.

« Toi, comment t’appelles-tu ? » demanda soudainement la jeune fille.

« Eh ? » Long Hao Chen fut surpris et son regard passa lentement sur le visage de la jeune fille. Même s’il savait qu’elle était aveugle, il se sentait très timide.

« Mon nom est Long Hao Chen, et toi ? »

« Je m’appelle Cai’er. » répondit doucement la jeune fille ; personne d’autre que Long Hao Chen ne put entendre sa voix.

« Quel magnifique nom. Cai’er, est-ce que tu vis dans la Cité Sacrée ? »

Cai’er secoua doucement la tête et répondit : « Je viens d’une ville à l’est de l’Alliance, pas d’ici. Cette fois, je suis venue m’occuper de certaines affaires. »

Long Hao Chen fronça les sourcils et lui fit remarquer : « Et ta famille ? Comment peuvent-ils se sentir tranquilles alors que tu es toute seule dehors ? »

Cai’er répondit calmement : « Je peux me débrouiller. »

Le cœur de l’adolescent se serra devant ces yeux vides d’émotions. Il était sans voix.

« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Cai’er n’avait pas entendu Long Hao Chen depuis un certain temps et s’était tournée dans sa direction, surprise.

Le jeune homme secoua calmement la tête, « Rien. » lâcha-il, presque sans y penser. Il avait voulu être aimable en lui parlant mais au final, il n’avait pas pu se contrôler. Il n’avait ni ce genre de capacités ni ce genre de qualifications et c’était en plus beaucoup trop audacieux pour lui. Au fond de lui, les sentiments de sympathie qu’il avait pour cette demoiselle aveugle avaient évolué. (Tr : en gros, il n’en avait pas vraiment l’intention au départ, mais il s’est mis à essayer de la séduire)

Cai’er s’arrêta et Long Hao Chen, qui essayait de supprimer ses émotions, cessa également de marcher.

« Qu’est-ce qui se passe? » demanda le jeune homme en la regardant.

La jeune fille lui répondit : « Je suis arrivée. »

Long Hao Chen fut stupéfait : il venait de se rendre compte qu’alors qu’il accompagnait Cai’er, c’était elle qui avait fini par prendre la tête.

« Je suis désolé, je… » lâcha-il, embarrassé.

Cai’er secoua calmement la tête et leurs mains se séparèrent lentement, « Merci. »

Long Hao Chen leva la tête pour jeter un coup d’œil. Il s’agissait également d’un hôtel et il était très proche de celui dans lequel il séjournait.

« Je vais t’emmener à l’intérieur. » dit l’adolescent.

Cai’er fit non de la tête, « Pas besoin, je peux y aller seule. »

Long Hao Chen se gratta la tête, « Au revoir alors. Sois prudente sur le chemin. » Il était parfaitement conscient que Cai’er ne pouvait pas le voir et pourtant il lui fit un geste de la main avant de la quitter pour se diriger vers son propre hôtel.

Cai’er ne rentra pas directement à l’hôtel. Elle resta à l’entrée, là où Long Hao Chen l’avait quittée, et ses lèvres esquissèrent un arc derrière son voile.

« C’est vraiment lui. Cet idiot ! C’est vrai ! Après tant d’années, comment aurait-il pu me reconnaître ? Et puis à ce moment-là, j’avais perdu la capacité de parler alors que maintenant c’est de ma vision dont je suis privée. Oh, Long Hao Chen, Long Hao Chen ! » Elle avait gardé en mémoire ce nom depuis le moment où l’adolescent lui avait fermement agrippé la main. Elle utilisa sa canne en bambou bleue pour entrer dans son hôtel.

Long Hao Chen était de retour dans sa chambre mais l’image de cette jeune fille était profondément gravée dans son esprit. Même assis en tailleur comme il l’était, il ne parvenait pas du tout à entrer dans un état méditatif.

« On dirait que mon choix de devenir Chevalier Gardien était vraiment juste : dans ce monde, beaucoup de gens ont besoin de protection. » L’adolescent soupira légèrement avant d’avaler une des pilules que Lin Xin lui avait données. Il calma son esprit et entra lentement dans sa méditaiton.

Ainsi, le premier jour de la Sélection de Chasse aux Démons commença. Quand Long Hao Chen se dirigeait vers son hôtel, encore plus de concurrents combattaient énergiquement pour ces préliminaires.

Après le premier jour, la moitié des personnes étaient déjà parties, éliminées de la compétition.

Dans le stade du Temple des Mages, Lin Xin se reposait sur un siège et regardait le tournoi. Il n’était pas le moins du monde nerveux et assis là, il observait les concurrents aux alentours.

L’endroit qu’il avait choisi était dans la première rangée. Il y avait deux personnes à côté de lui, un homme et une femme.

« Vous deux, seriez-vous intéressés par quelques pilules? » demanda Lin Xin en souriant après s’être tourné vers eux.

Les deux jeunes mages le regardèrent avec doute, l’air prudents.

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