Jiang Liangjie : prologue

Prologue : La fin d’un Monde…Naissance d’une Légende

Avant que Huahuan ne devienne le monde fertile et abondant que nous connaissons aujourd’hui, il n’y avait rien. La terre et le ciel n’étaient rien de plus qu’une masse sombre informe et vide…Seul un chaos d’obscurité incertaine régnait. L’air, l’eau, le feu, la végétation n’existaient pas en ce temps.

 

Mais un jour, si l’on en croyait la légende, un vaisseau de lumière blanche surgit du ciel obscur, déchirant les cieux de sa seule présence, avant de prendre la forme d’un immense dragon blanc au écailles d’argent et d’or. Désireuse d’offrir une chance à cette terre désolée, la bête majestueuse utilisa ses pouvoirs incommensurables pour changer ce monde de ténèbres en un monde de lumière. Tout en parcourant les cieux obscurs, il repoussa les ténèbres et apporta la vie et l’abondance sur ce monde désolé. Quand les ténèbres furent annihilées, ce qui restait d’eux fut scellé à jamais dans les entrailles de la terre. Le ciel et la terre n’étaient pas encore séparés en ce temps. C’était un seul et unique royaume, qui prendra le nom de Wuto, Terre Fertile, dirigée par le Dragon Blanc et par les premiers êtres créés afin de l’accompagner dans la domination du nouveau monde, les Immortels Originels. De nos jours, ils sont communément appelés les « dieux«  dans la langues des hommes. Cependant, leur véritable nom sonnerait plutôt comme « fils«  du Dragon Blanc…les Tian Long, les Dragons Célestes. Avant de mourir, le Dragon Blanc laissa au « Premier né«  son Noyau d’or, épicentre de son pouvoir incommensurable, lui donnant le pouvoir de régner sur le monde. C’est ainsi que les Tian Long, les Dragons Célestes, devinrent les « premiers«  dieux de ce nouveau monde. C’est du moins ce que racontait la légende, où ce qui en restait.

Cependant, avec le temps, l’histoire de la naissance de ce monde finit par se perdre…et son héritage disparut à jamais, ne laissant au final qu’un vestige du passé glorieux que fut le monde de Wuto avant que la crise et l’égoïsme des hommes n’adviennent et ne réduisent à néant cette terre paradisiaque…et que les Ténèbres ne refassent leur apparition, cherchant à dominer de nouveau ce monde comme autrefois et effacer toute trace de lumière et de vie.

Du moins, c’était ce que disaient les récits car il se pourrait que, au final, le plus important n’qit jamais été révélé au grand public et que la vérité soit bien plus complexe et profonde qu’on ne le pensait.

Cependant, ce qui est caché finit toujours par remonter à a surface, tôt ou tard, avec les conséquences qui en découlent.

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Ville fortifiée de Xuwan , an 90 de la dynastie Hua Long

« Ne restez pas là, fuyez vite !! Ne prenez que le strict minimum avec vous !! » s’écriaient plusieurs voix.

Dehors, tout était en proie aux flammes et au chaos. Les membres des clans de cultivation s’attelaient à évacuer les habitants avant l’arrivée du désastre. Les grands maîtres des deux clans de cultivation de l’Aube et de la Lune, Liming et Yueliang, veillaient à l’avancée des opérations, impuissants face à cette catastrophe.

« C’est un véritable désastre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Dis-moi mon frère, penses-tu vraiment qu’il est judicieux de faire évacuer les civils plutôt que de renforcer les fortifications de la ville ? » s’adressa le chef cultivateur à son aîné. Celui-ci dévisageait les gens qui se rassemblaient malgré la peur sur leurs visages.

« Je sais où tu veux en venir A-Yiang, et je comprend ton anxiété. Cependant, face à l’adversaire que nous nous apprêtons à affronter, il est clair que cette ville ne tiendra pas. Il vaut mieux protéger les citoyens et retarder les troupes ennemies autant que possible. Quitte à ce que nous y perdions la vie. » dit-il d’un ton calme et résolu.

À ce moment-là, l’une des parcelles de muraille qui entourait la ville vola en éclat, suivie d’un puissant rugissement bestial et de cris inhumains qui faisaient trembler la terre. La panique gagna toute la foule ainsi que les cultivateurs présents qui s’étaient rassemblés devant leur issue de secours. Les deux maître immortels se retournèrent comme un seul homme vers la source du bruit… et virent au loin le mur de la fortification Sud, la moins fortifiée, tomber en ruine alors qu’une ombre gigantesque et inquiétante apparaissait, poussant un cri effroyable tel le grondement du tonnerre. La créature devait certainement faire plus de 30 mètres de haut…Elle ressemblait à ce qui pourrait être un gigantesque lion…avec deux tête !! Son corps entier était recouvert d’une fourrure noire brûlante comme des braises et aux couleurs d’un soleil couchant, sa crinière était aussi dure que des rochers pointus et tranchants comme des épées, ses pattes étaient aussi épaisses que le tronc d’un tronc d’arbre millénaire, les crocs de ses deux gueules étaient longs comme des sabres qui dépassaient de leurs mâchoires, tranchantes comme des couteaux de boucher ses griffes étaient comme celles des dragons, longues comme des lances.

Le Lion à deux têtes de l’Ancien Monde.

Les deux Maîtres de Cultivation blêmirent à la vue de la monstrueuse créature…qui fut suivie par une armée démoniaque sanguinaire qui commença à déferler dans la ville-basse en flammes.

« Par les larmes du Dragon blanc…!! C’est Shanyuan…! Le lion démoniaque à deux têtes ! Alors les rumeurs disaient vrai ! Notre ennemi a réussi à le dompter et à le placer sous son contrôle ?! Notre situation est bien plus catastrophique que je ne le croyais s’ils ont une telle bête de leur côté…! »

« Mais au moins, on a eu le temps de mettre les habitants à l’abri. Nous devons juste faire diversion et gagner le maximum de temps possible ! »

Mais il fut, encore une fois, interrompu, non pas par l’armée ennemie venue envahir la ville mais plutôt par la voix d’une jeune cultivatrice vêtue d’une robe aux couleurs de l’aube, la même robe que le plus jeunes des frères, qui les rejoignit sur son épée volante, pâle comme la mort et paniquée.

« Mes seigneurs !! C’est terrible ! C’est une catastrophe !! » s’écria t-elle.

« Que se passe-t-il ? »

La jeune femme tenta de reprendre son souffle. C’était une jeune fille d’environ 16 ans. Trop jeune certainement pour voir de telles horreurs. Mais son devoir la forçait à rester auprès des siens pour protéger les civils.

« Haah…Haa…Je…je ne sais comment l’annoncer…!! La situation est devenue incontrôlable ! On n’arrive pas à en voir le bout et-… »

Son maître finit par perdre patience et s’écria :

« Mais parle bon sang…!! »

« Reprends ton souffle jeune sœur, dis-nous ce qui vous arrive…L’ennemi vous a repérés ? »

L’adolescente reprit son souffle péniblement et elle articula, malgré ses poumons en feu.

« N…Non…! Il…il s’agit du…passage. L…le passage secret vers la montagne s’est effondré…! Nous ne pouvons plus passer ! On est pris au piège…!! » finit-elle par crier.

Les deux cultivateurs suffoquèrent d’horreur.

« Quoi ?! On ne peut plus passer ?! Et…est-il possible de contourner ? Ou au moins de détruire l’éboulement ? » tenta de se rassurer le maître de la jeune cultivatrice.

« Je-je ne crois pas. La roche est trop épaisse pour notre cultivation. La moitié d’entre nous est déjà à bout de souffle et peut à peine malaxer leurs pouvoirs spirituels, même du niveau le plus faible. Il y a aussi des enfants, des blessés et des vieillards parmi les civils. Ils ne pourront pas suivre la même cadence que nous, ils composent plus de la moitié des citoyens. Que pouvons-nous faire ?! Sommes-nous perdus ? S’il vous plaît maître ! Dites-nous qu’il y a un moyen de tous nous en sortir sains et saufs…! » pleura-t-elle.

Les chefs cultivateurs se regardèrent, cherchant à trouver une solution à cet horrible contretemps.

« C’est bien le moment pour qu’une telle chose arrive…acculés comme nous sommes, nous courons tout droit au massacre…! L’armée des ténèbres vient de passer nos portes…! » pesta le plus jeune des frères cultivateurs.

Le plus âgé fronça les sourcils en serrant ses poings, frustré par la tournure de la situation.

« Il est malin. Comme nous le redoutions, il sait que la moitié des hommes des grandes villes sont actuellement en plein champs de bataille pour repousser le plus gros des troupes qu’il a envoyées attaquer le palais de l’empereur. Ceux qui ne peuvent pas rejoindre les rangs, les plus vulnérables, comme les vieillards, les femmes et les enfants, sont laissés presque sans défense dans les villes et villages avoisinants. Une tactique monstrueuse mais astucieuse. Il a profité de la vulnérabilité des lignes de défense pour attaquer. Sans compter…qu’il a choisi précisément CETTE ville pour lancer sa plus puissante offensive. Il n’a pas fait la moindre erreur comme à son habitude. *Nous n’avons pas beaucoup d’alternatives on dirait…*» Pensa-t-il à la fin.

Le plus vieux des deux maîtres cultivateurs dévisagea la jeune femme calmement. Ses beaux yeux sondèrent l’enfant pour l’apaiser et il murmura d’une voix toute aussi calme:

«Jeune sœur, il n’y a vraiment aucune issue ? Du moins une qui peut être accessible pour les plus vulnérables ? »

La jeune disciple réfléchit un petit peu avant de répondre, incertaine :

« Il y a bien un passage par le canal souterrain de la capitale. Mais…le temps que nous activions les leviers qui drainent l’eau, que l’eau soit évacuée et que nous avancions avec les citoyens… »

« Combien de temps penses-tu que cela prendrait…? »

« Je…je ne sais pas…peut-être deux heures…trois tout au plus… »

« Je vois. Eh bien soit…! »

Il saisit son épée et la sortit de son fourreau avant de tourner les talons en direction du sud, là où l’armée ennemie venait de briser la fortification.

« A-Yiang, rassemble tes disciples avec une centaine des miens. Je m’occupe de ralentir l’ennemi, de vous faire gagner du temps. » lâcha l’aîné sur un ton résolu.

L’autre cultivateur écarquilla les yeux et rattrapa son aîné en posant une main sur son bras.

« Quoi?! Attends, tu ne vas pas faire ça…!! Tu as perdu l’esprit ?! Tu ne vas quand même pas retenir toute cette armée à toi tout seul…! Encore si tu étais en pleine possession de tes moyens, je ne m’inquiéterais pas, mais dans ton état actuel ! » tenta de le convaincre son jeune frère. Le plus vieux des maîtres de la cultivation se tourna vers son cadet, déterminé.

« Il le faut mon frère. C’est le seul moyen que nous ayons de sauver des vies. Et de racheter mes crimes passés. Si je dois perdre la mienne en essayant, alors qu’il en soit ainsi. Notre objectif désormais n’est plus de vaincre nos adversaires mais de gagner le plus de temps possible. C’est le seul moyen que nous ayons pour épargner la vie de toutes ces victimes innocentes. »

A-Yiang retira sa main de l’épaule de son aîné et recula un peu, le regard douloureux. Il aurait dû savoir que convaincre son frère était vain, une fois qu’il avait décidé quelque chose, plus rien ne lui ferait changer d’avis. Il jeta son épée sur le sol et posa ses pieds sur la lame…qui décolla aussitôt alors que l’autre maître de cultivation tentait vainement de l’arrêter.

« Attends…! Grand frère ! »

Le maître cultivateur ignora les supplications de son cadet et fonça directement vers l’armée ennemie, plus particulièrement vers la créature et celui qui la contrôlait. Le cultivateur fronça les sourcils et serra dans une de ses mains son arme magique.

« Je sais que l’acte que je commets est pure folie. Mais…si cela permet de sauver d’innombrables vie tout en épargnant la tienne, alors c’est un risque que je suis prêt à prendre ! »

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*****

Année 67 du calendrier de la dynastie Yu Zuwen. frontière forestière de la rivière Pèlerine

La nuit était tombée depuis longtemps sur le continent de Wuto. Seule la lumière de la lune brillait dans l’obscurité et les étoiles étincelaient dans le ciel, apportant une faible lueur dans la nuit.

Normalement, seuls les animaux ou les veilleurs restaient debout la nuit tombée.

Cependant, un homme faisait exception à cette règle. Il était caché derrière un cyprès, visiblement épuisé et blessé. Il tenait fermement contre lui un petit paquet, il le serrait si fort que rien n’aurait pu le lui faire lâcher. Il tentait tant bien que mal de retenir son souffle afin de ne pas se faire repérer par d’éventuels passants, de peur de dévoiler sa position à ceux qui le pourchassaient.

La blessure béante dans son abdomen était atroce. Il se demandait si le fait qu’il puisse encore marcher et qu’il ne s’était pas évanoui une seule fois depuis sa fuite, que se soit par perte de sang ou par la douleur, n’était pas une grâce du ciel.

Les rôdeurs se rassemblaient dans la clairière sans se douter un seul instant que leur proie était bien plus proche qu’ils ne le pensaient.

« Alors, vous l’avez trouvé ?! » s’écria une voix bourrue et impatiente.

« Rien à faire. Ce chien a profité de l’obscurité pour se cacher. Difficile à croire qu’il ait réussi à bouger avec la blessure qu’on lui a infligé. »

« D’après le chef, c’était un ancien garde personnel de l’empereur lui-même…! C’est donc à un sacré dur à cuir qu’on a affaire. Même si je me demande pourquoi il a tout quitté d’un seul coup pour se mettre à vivre comme un vulgaire paysan à la campagne. »

« On se fiche pas mal de son passé, le chef a été clair ! On doit le trouver et le lui ramener, mort ou vif ! Même si on doit fouiller chaque ruisseau, chaque pierre, chaque foutu buisson ou arbre de cette forêt, il faut le trouver avant qu’il ne passe la frontière, autrement, c’est notre tête que le chef prendra à la place ! À moins que ce soit ce que vous vouliez ?! »

Tous blêmirent. Ils connaissaient suffisamment leur supérieur pour savoir qu’il avait une sainte horreur de l’échec et que les malchanceux qui avaient eu le malheur de revenir bredouille après une mission n’étaient à présent plus là pour en parler.

« Il faut absolument le retrouver, vite…!! J’ai aucune envie de mourir…! »

« C…Cherchons encore. Il est sûrement pas loin. On va réussir à le trouver…! »

« Dépêchons-nous quand même. Le chef nous a donné une heure pour le trouver sinon on paiera notre incompétence de notre tête…!! »

Les bandits se dispersèrent de nouveau alors que leur cible avait observé leurs conversations, toujours caché derrière les buissons.

« Ils sont enfin partis…! J’ai cru qu’ils ne partiraient jamais…ah. » souffla l’homme, soulagé.

L’homme soupira longuement en s’adossant contre l’arbre derrière lui. Sa blessure le faisait souffrir atrocement mais il en avait vu bien pire dans sa vie. S’il se reposait et soignait sa blessure comme il fallait, cela ne lui sera pas fatal. Il baissa les yeux vers le paquet blanc qu’il serrait contre son cœur avant d’ouvrir le linge légèrement, découvrant la tête d’un petit poupon endormi paisiblement, ignorant les dangers qu’ils encouraient en ce moment. Le visage de l’homme s’adoucit devant le nourrisson qu’il contempla durant quelques instants avant de refermer le drap sur son visage et de se redresser sur ses jambes. Sa blessure le lançait et sa tête lui tournait à cause de la perte de sang. Mais il avait conscience que rester ici les condamnerait lui et l’enfant qu’il portait contre son cœur.

« Allez…encore un petit effort…j’y suis presque. Huuh…! »

Il commença à déambuler dans les bois, trébuchant sur quelques rochers et racines qui traînaient sur son chemin. Soudain, un cri agressa ses oreilles.

« Il est là !!! On l’a retrouvé ! » hurla l’un des bandits.

« …!! **Bon sang…!!!** »

L’homme se mit une nouvelle fois à courir alors que les brigands se lançaient à sa poursuite, ne lui laissant aucun répit.

« Cette fois tu ne peux pas t’échapper !! Arrête-toi !! » lui cria le meneur.

L’homme n’eut cure des avertissements de son poursuivant jusqu’à ce qu’un sifflement près de son oreille ne mette tout ses sens en alerte. Il se décala sur un côté…et une flèche se planta dans un tronc d’arbre tout près de lui. Une sueur froide glissa le long de sa tempe, ça n’était pas passé loin…!

Il n’eut toutefois pas le temps de s’attarder car une pluie de flèches lui tomba dessus, prouvant la détermination de ses poursuivants.

Il finit par arriver non loin d’une rivière qui était entourée de nombreuses pousses de bambou. Là, il s’arrêta pour reprendre son souffle, ne pouvant plus courir davantage. Ses blessures le faisaient trop souffrir.

« Bon sang…j’ai la tête qui tourne et mes membres pèsent une tonne…! Leurs épées étaient sûrement enduites de poison…! C’est pas bon…bon sang..!! » jura le blessé, à bout de force.

Le blessé poussa un juron entre ses dents avant de baisser les yeux vers le petit poupon endormi. Un voile de tristesse passa sur son visage, résigné.

« Je n’ai aucune chance de leur échapper au point où j’en suis. Mais toi…je veux que tu aies une chance de t’en sortir…au moins toi… » souffla-t-il tristement.

Il s’agenouilla sur le sol et y déposa le petit paquet de linges avant d’attraper des bambous qu’il cassa pour faire un petit lit de fortune avec des branchages et la robe qu’il portait sur ses épaules. Il couvrit chaudement le bébé endormi avant de sourire d’un air attendri. Il porta les mains dans son col et en sortit un pendentif ressemblant à un œuf de jade décoré par quatre perles nacrées à ses extrémités.

Il mit le bijou autour du petit cou de l’enfant et le cacha dans les linges qui composaient la couche du bébé. Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine, sachant pertinemment que c’était la dernière fois qu’il verrait le bébé. Ses doigts caressèrent la joue du poupon qui couina dans son sommeil.

«**Je prie juste pour qu’une âme charitable te trouve et puisse t’offrir une nouvelle vie. Je jure devant Bouddha que nous nous retrouverons un jour.**»

Il emmitoufla l’enfant chaudement alors que les éclats de voix de ses poursuivant résonnaient tout prêt de lui.

« Je suis sûr qu’il est par là ! Fouillez toute la zone ! »

L’homme fit claquer sa langue avant de sortir des fourrés, non sans jeter un regard en arrière, abandonnant l’enfant pour mieux le sauver. Les bandits ne tardèrent pas à le repérer et se lancèrent à sa poursuite, sans penser à vérifier les fourrés. Là, l’enfant se trouvait endormi, ignorant le sacrifice que l’homme avait fait pour le sauver d’une mort certaine.

La nuit continua jusqu’aux premières lueurs du jour. Alors que les bois et la rivière avaient retrouvé leur calme, un marchand itinérant fit halte près du point d’eau, non loin des roseaux et des pousses de bambous qui bordaient la rivière où le bébé était caché.

Après avoir rempli ses réserves d’eau pour son voyage, le marchant rassembla ses effets personnels, prêt à reprendre la route.

« Huuh…Ouinnn !! Ouiinnn…!! »

L’homme sursauta quand des pleurs de bébé se firent entendre tout près de lui. Il arrêta d’emballer ses affaires et se redressa en regardant autour de lui, confus.

« Qu’est-ce que…? Je ne rêve pas, j’entends bien un bébé pleurer. Je ne vois pourtant personne dans les environs. Cela m’a l’air tout proche. »

Il s’éloigna de sa monture et s’aventura dans les roseaux et les bambous qui bordaient la rivière. Il ne mit pas longtemps à retrouver l’enfant qui continuait de pleurer, son petit corps complètement empêtré dans la robe que l’homme avait posé sur lui pour ne pas qu’il prenne froid. Le marchand, en bon samaritain qu’il était, pris de compassion pour le petit être, le libéra de sa prison de tissu qui l’étouffait à moitié, même si cela n’arrêta pas ses pleurs pour autant. L’homme fut ébahi devant la grande beauté de l’enfant. Il devait avoir quoi…trois semaines, un mois…? Deux mois maximum.

Qui serait assez cruel pour abandonner ainsi dans le froid un si jeune enfant sans défense, à la merci des loups et de la faim ?

Compatissant, le brave homme prit l’enfant dans ses bras et ses pleurs s’atténuèrent en sentant les bras réconfortants et chauds de l’homme l’enlacer, partageant sa chaleur.

« Mon pauvre petit. Que fais-tu là…? Où sont donc tes parents…? Ce n’est pas un endroit pour un petit bébé comme toi. »

Le bébé cessa de pleurer alors que l’homme le berçait, regardant autour de lui, espérant apercevoir une vague personne venir à lui pour récupérer l’enfant, mais rien. Il n’y avait que lui. Il ne tarda pas à comprendre et le chagrin emplit ses yeux tendres.

« Oh je comprends. Ils t’ont abandonné hein…? Pauvre petit. Il y a vraiment des gens en ce monde qui n’ont pas de cœur. Ne t’en fais pas, Oncle Shuyang ne te laissera pas tomber ! Tu peux compter sur moi ! Avant toute chose, il faut te trouver de quoi manger. Je crois qu’il me reste un peu de lait de chèvre ! Je vais faire chauffer ça tout de suite. Ce sera bien en attendant de trouver mieux. »

Il marcha vers sa roulotte mais il s’arrêta à nouveau, venant de penser à quelque chose.

« Oh mais j’y pense… Il faut te trouver un nom ! Pas n’importe lequel, un beau nom. Mais avant, je dois vérifier si tu es un garçon ou une fille. »

Il souleva un peu le linge pour vérifier et il eut sa confirmation.

« Eh bien, tu es un garçon. Eh bien, mon garçon…Je vais, dès à présent, t’élever comme mon propre fils. Pour moi qui n’ai pas eu d’enfant et qui a toujours voulu en avoir…peut-être es-tu un cadeau des dieux à mon intention. »

Il souleva le petit jusqu’à ses yeux, lui faisant lâcher un petit gazouillis alors qu’il s’écriait.

« À partir d’aujourd’hui, moi, Jiang Shuyang, humble marchand et cuisinier itinérant, ai trouvé un héritier et un fils qui est promis à de grandes choses dans le futur. Voilà pourquoi je vais te donner le nom de Liangjie. Tu seras Jiang Liangjie, mon fils ! »

Le mouvement de l’homme en présentant l’enfant au ciel fit légèrement trembler le linge qui découvrit un peu l’enfant, ainsi que la pierre en jade qu’il portait contre son cœur. Cette dernière émit une légère lueur dorée dès que l’enfant eut hérité de son nouveau nom.

Jiang Liangjie.

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A suivre…

Liangjie: Son nom en chinois, signifie héros lumineux (ou exceptionnel) du caractère chinois Jie () qui signifie Exceptionel, Heros ou Elite. Et du caractère chinois Liang () Qui signifie brillant ou Lumineux.

Huahuan: Je ne suis guère douée pour les mots en chinois, j’ai donc fait un jeu de mot avec Fleur (Hua) et Anneau de Jade (Huan). La traduction serait plus dans le terme exacte Anneau de Jade Fleuri.

Wotu: Je voulais donner un nom en rapport avec la vie et l’abondance. En recherchant, j’ai trouvé Wotu, qui signifie en chinois Terre Fertile (沃土) . Le désignant comme étant la première terre à être fleurie par le dragon blanc.

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2 réflexions sur “Jiang Liangjie : prologue

  1. De rien ! Celà me fais plaisir. merci infiniment pour ton commentaire; la suite est en court en ce moment. Il sera un peu plus court que le prologue , j’ai l’intention de faire des petits chapitre afin que cela ne soit pas trop long et pour la durée de l’histoire. Merci encore est a bientôt !

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