Jiang Liangjie chapitre 1 : Vision d’Or

Chapitre 1 : Vision d’Or

8 ans plus tard…

Dans le village de Wenling, l’hiver avait commencé à s’installer petit à petit. Ils n’étaient pas encore arrivés en plein cœur de la saison glaciaire mais les habitants ressentaient malgré tout la différence de température et avaient sorti leurs vêtements chauds. Il avaient également alimenté leurs braseros et cheminées pour remplir leurs demeures d’une douce chaleur et de confort pour les occupants.

Il était encore tôt quand un homme commença à se préparer pour sa prochaine sortie. Il referma la ceinture de sa robe en soie ocre-brun et serra le lien qui nouait son chignon sur son crâne avant de laisser ses extrémités pendre dans son dos alors que sa frange libre tombait sur son visage pâle et fatigué. Cependant, il savait qu’il devait y aller maintenant, aux aurores, alors que le village dormait encore, afin de pouvoir récolter les meilleurs herbes pour son commerce.

Il rajusta le petit châle en fourrure de lièvre qu’il portait sur ses épaules. Les températures étaient assez basses et plus encore en matinée. Il devait éviter d’attraper froid avant d’ouvrir son restaurant. Il leva les yeux vers les escaliers qui montaient vers les étages supérieur et s’exclama.

« A-jie… ! Il est temps d’y aller, tu es prêt… ? »

Il n’attendit pas de réponse et s’approcha de la porte pour l’ouvrir. Il suspendit toutefois son geste, la main sur la poignée, quand il se rendit compte que l’enfant ne l’avait pas rejoint. Shuyang fronça les sourcils, se retourna vers l’escalier et tenta à nouveau.

« A-jie ? On s’en va… ! Ah là là…À tout les coups, je vais le retrouver en train de dormir. Je parierais 2000 Yuans que je vais le trouver en train de dormir le visage sur le plancher. »

Agacé, il monta les marches qui menaient vers les chambres à l’étage et se dirigea vers la dernière avant d’en ouvrir la porte. Ce qu’il constata lui fit lever les yeux au ciel et il soupire lourdement.

« J’aurais dû parier plus, tiens… » soupira l’homme pour lui-même.

Il avait effectivement vu juste. L’enfant était encore étalé sur le sol, la tête la première sur le plancher, les jambes sur le lit dans une position des plus hilarantes avec les cheveux en bataille et la couette du lit enroulée autour de lui. Son père soupira longuement. Il avait pourtant bien précisé à son fils de se coucher tôt car ils se levaient de bonne heure aujourd’hui. Bon, aux grands maux les grands remèdes.

Il s’approcha du petit ronfleur avant d’attraper la couette dans laquelle l’enfant était enroulé et, d’un coup sec et habile, la lui arracha. La réaction du dormeur se fit sans attendre et il poussa un grognement mécontent à la disparition de son doux cocon de chaleur.

« Haaaa.. ! Froiiddd~ » se plaignit-il en tentant en vain de rattraper sa couette, les yeux toujours clos.

« Eh bien A-jie, est-ce là une nouvelle technique que tu as inventé pour nettoyer le plancher ? Allez debout, on se réveille maintenant petit paresseux. Il est temps de se préparer. » fit le père en tenant toujours la précieuse couverture à bout de bras.

« Hum…papa…encore cinq minutes. Je suis trop fatigué… » se plaignit l’enfant à moitié réveillé, les cheveux ébouriffés et la robe de nuit défaite tout en serrant contre lui son oreiller et se frottant une paupière.

« Et qu’as-tu donc fait hier soir pour être si fatigué ? Je t’ai pourtant bien dit qu’on devait aller dans la forêt aujourd’hui et qu’on allait se lever tôt. Ne me dis pas que tu es allé chahuter avec ton cousin pendant que ta tante et moi-même avions e dos tourné ? » le questionna Shuyang en croisant les bras sur sa poitrine, autoritaire.

« Pas du tout ! Pour une fois, il n’a rien avoir là dedans ! J’étais tout seul dans le coup ! »  s’exclama le petit, faisant l’adulte hausser un sourcil, interloqué.

«  »Cette fois » tu dis ? Dois-je en conclure que tu continuais à veiller quand j’avais le dos tourné bien avant cela.. ? » le questionna l’adulte.

L’enfant se crispa…mince… ! il venait de se dénoncer et d’une façon aussi stupide ! Il détourna les yeux, n’osant pas affronter le regard de son père, et bafouilla.

« Eh bien c’est que..je…euh » tenta de se justifier l’enfant pris au piège le regard fuyant, tout en jouant avec ses pieds, confus et embarrassé.

L’homme toisa le garçon un moment de ses yeux sombres dans l’attente d’une réponse puis soupira longuement en secouant la tête, résigné en voyant que l’enfant se murait finalement dans son silence… Ah là là…ce gamin.

« Ah, oublie ça. Allez, vas te laver et habille-toi. Je t’attends en bas, plus vite on aura fini ce qu’on a à faire, plus vite tu pourras prendre ton petit-déjeuner. »

« Pourquoi je dois y aller, au juste… ? Si je dois t’accompagner, pourquoi Jiang Xiao ne viens pas aussi ? »

« Je t’ai déjà dit pourquoi. Allez, ne discute pas, vas te préparer on a assez perdu de temps comme ça. »

L’adulte quitta la chambre alors que l’enfant faisait la moue. Son père était trop strict par moments. Tout ça pour aller chercher des herbes dans la forêt. Il pouvait pas aller plus tard dans la journée, par exemple à l’heure WeiShi*… ? Ou même WuShi**… ? Mais non, son père insistait pour qu’ils partent tous les deux à l’heure MaoShi***, c’est à dire quand il faisait encore nuit, quand tout le monde dormait et quand les températures étaient les plus froides.

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Bouddha sait à quel point il détestait le froid !! Pourquoi croyait-t-il qu’il se roulait toujours dans ses couvertures comme il le ferait avec un rouleau de Nems frit… ?

Mais bon, il n’avait pas vraiment son mot à dire. C’est en grognant de mauvaise foi qu’il finit par sortir du lit et se diriger vers la grande jarre d’eau en terre cuite de la petite réserve à côté de sa chambre. C’était une jarre de 20 litres environ que son père et sa tante remplissaient tous les jours avec l’eau du puits avant de la purifier avec des herbes spéciales et de la chauffer à très haute température pour la débarrasser de ses derniers déchets afin qu’ils puissent profiter d’une eau propre et saine pour se laver et cuisiner.

Cependant, l’eau du puits était déjà purifiée de base, grâce à une canalisation naturelle ainsi qu’un moulin à eau vers l’entrée du village qui puisait l’eau de la rivière, l’utilisait pour arroser les rizières qui entouraient le village et remplissait également le puits central. Celui-ci était fabriqué à partir d’une pierre spéciale appelé Zéolithe Bleu Jade****. C’était une matière minérale aux effet des plus miraculeux. Non seulement elle absorbait toutes les maladies et les organismes pathogènes contenus dans l’eau mais en plus, elle les retenait, empêchant ainsi l’eau du puits d’être à nouveau souillée, ce qui rendait celle-ci aussi claire et pure que du cristal pour les paysans.

En plus, contrairement à la Zéolithe naturelle, la Zéolithe Bleu Jade se purifiait toute seule en « détruisant » les matières organiques pathogènes qu’elle avait absorbé pour redevenir saine. La terre où était installée le village regorgeait de cette matière purifiante naturelle qui était également éparpillée un peu partout dans Huahuan et Wotu. Chaque village et chaque ville utilisait cette roche miraculeuse pour améliorer leur mode de vie et surtout pour la consommation d’eau pure.

Malgré tous les bienfaits naturels que la Zéolithe Bleu Jade apportait déjà à l’eau du puits, Jiang Shuyang et sa sœur Jiang Qira, avec qui il vivait, étaient un peu maniaques et préféraient tous deux, purifier l’eau encore une fois chez eux avant de l’utiliser, d’où la présence des herbes purifiantes dans la jarre. Enfin…

Jiang Liangjie puisa un peu d’eau du récipient avec un petit baquet en bois avant de regarder son reflet à l’intérieur. Il détailla son propre petit minois plus par curiosité que réelle coquetterie, pourtant, il avait de quoi être fier de son visage. Bien qu’encore qu’un enfant, la beauté de ses traits était telle qu’on en trouvait vraiment peu de semblables de par le monde. Quand on le regardait attentivement, on se doutait bien qu’il deviendrait incroyablement beau en grandissant.

Sa peau très claire aux doux tons rosés, surtout au niveau de ses petites joues aux rondeurs juvéniles, des petites lèvres roses qui s’amusaient à s’étirer, se pincer et grimacer en des sourires adorables. Ses cheveux étaient d’un très beau noir d’encre, souples et fins malgré les quelque mèches rebelles naturelles qui n’enlaidissaient en rien son joli minois. Une mèche de frange plus longue lui tombait légèrement à droite de son visage, jusqu’à son cou. Ce n’était pas un noir-brun ou un noir-charbon, comme on avait l’habitude d’en voir, mais un noir de jais profond, encore plus sombre que l’encre. Cependant, ce qui était frappant chez lui, plus que son visage qui ressemblait à celui d’une petite fille, c’était la couleur peu commune de ses yeux.

De grand yeux innocents et pétillants, brillant d’une couleur doré semblable à de l’or pur qu’on aurait fait fondre.

C’est une petite habitude qu’il avait pris en grandissant. À force d’entendre autour de lui des petits commentaires sur son aspect physique, il avait fini par avoir cette petite manie de toujours se regarder dans son reflet avant de se laver. Beaucoup de gens disaient qu’il ressemblait à son père sur certains points. D’un côté, c’était assez flatteur de lui être comparé. Jiang Shuyang, son père, était réputé pour être un très bel homme aux traits doux, qui ne laissait pas les femmes indifférentes quand elles croisaient son chemin. Néanmoins, il semblait n’en avoir trouvé aucune qui soit assez bien pour fonder une famille avec elle et puis…il ne cessait de dire à son fils qu’il avait déjà une famille et qu’il n’avait aucune raison de chercher une femme pour en fonder une, ce qui, en soit, remplissait de joie le petit garçon. Tant que son père l’avait lui, ainsi que sa tante et son petit cousin Jiang Xiao, il n’avait besoin de rien d’autre.

Jiang Liangjie finit de faire le pitre et pouffa avant de se décider finalement à se laver. Son père l’avait assez attendu comme ça après tout. Il finit par se laver le visage et le corps avec un linge propre que sa tante lui avait mis à disposition avant de retourner dans sa chambre pour enfiler sa petite tunique couleur crème, qu’il noua avec une ceinture en tissu ocre, ainsi que son pantalon et ses chaussures pour finir par nouer ses cheveux noirs en chignon, laissant les extrémités de son ruban rouge pendre derrière lui et quelque mèches rebelles libres.

Une fois frais et propre, il rejoignit son père qui venait de ranger des armes, plus précisément une petite dague ainsi qu’une épée, dans des fourreaux en cuir qu’il attacha à sa ceinture avant de draper sa cape autour de lui. Quand il sentit la présence de l’enfant, il se retourna et lui adressa un sourire.

« Tu es prêt.. ? Viens par ici, que je te donne ton panier. »

Le petit s’approcha de son père qui lui chargea une corbeille en osier sur son dos et resserra les sangles afin que le panier ne tombe pas et il fit de même avec son propre panier. Il mit ensuite un chapeau en paille sur leurs deux têtes avant de se diriger vers la porte qu’il finit par ouvrir.

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« Bien, nous voilà partis jeune homme. Finissons ce travaille avant que madame ne se réveille et rouspète. »

L’enfant sourit et hoche la tête pour marquer son approbation. Ils sortirent tout les deux de la demeure et refermèrent la porte dans leurs dos avant de commencer à arpenter les rues silencieuses pour se diriger vers la sortie du village.

Jiang Liangjie serrait les sangles de sa corbeille entre ses doigts et pensa intérieurement.

« Mine de rien, cette balade forcée en forêt m’offre l’opportunité de l’approcher sans éveiller de soupçon ; j’espère malgré tout pouvoir le retrouver comme promis, sans attirer l’attention de père. »

Alors qu’ils se murmurait ces propos, il leva les yeux vers la forêt où il pouvait apercevoir des particules dorées aux reflets d’argent s’en élever et voler vers le ciel. Une chose qu’il était le seul à pouvoir voir dans tout son village…

L’Énergie Spirituelle sauvage qui parcourait les terres de Wotu.

« Il vaudrait mieux que père ne l’apprenne jamais… ni qui que se soit d’autre. Ils ne le comprendraient pas… »

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À Suivre…

*WeiShi : Dans l’Ancienne Chine , le temps est interpréter en douze secteur. Weishi correspond à 13-14 heure.

**WuShi : Il correspondrais a 11-13 heures.

***MaoShi : Cela correspond au fuseau horaire 5-6 heures du matin.

**** La zéolithe est une pierre minérale naturelle (plus précisément, un cristal) qui existe vraiment et absorbe véritablement tous les agents pathogènes et micro-organismes dangereux comme une éponge. la zéolithe bleu jade est une invention de ma part, inspirée de cette pierre donc l’effet de destruction des agents pathogènes qu’elle absorbe est purement inventé.

 

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