Jiang Liangjie chapitre 2 : Mise en garde

Chapitre 2 : Mise en garde

Après être sortis du village, Jiang Shuyang et son fils Jiang Liangjie empruntèrent un petit sentier montant et abrupt qui menait directement vers l’entrée de la forêt. La côte était cependant assez raide et l’enfant avait du mal à la monter, quand bien même il y était habitué depuis le temps qu’il s’y aventurait lors de ses périples journaliers et nocturnes.

« Dire que je l’ai emprunté il y a pas si longtemps pour aller en forêt, pas plus tard qu’hier. » se plaignit-il mentalement alors qu’il faisait un effort surhumain pour plier les jambes, tout en suivant le rythme soutenu de son père, tant bien que mal, sur le sentier escarpé.

Jiang Shuyang s’arrêtait de temps en temps pour voir si l’enfant était toujours derrière lui. Il souriait avec amusement en voyant les effort surhumains que l’enfant faisait pour le suivre.

« Ça vas aller A-jie, tu arrives à tenir le coup ? »

«Ah…oui..ahh…j’ai..juste un peu faim.. » se plaignit-il, essoufflé.

Le père sourit avec douceur et fouilla à l’intérieur de la poche de sa robe traditionnelle pour en sortir une pomme bien rouge qu’il donna à l’enfant.

« Tiens, ce n’est pas grand chose mais cela t’aidera à tenir un peu jusqu’au petit-déjeuner. Courage mon bonhomme. »

L’enfant, affamé, prit le fruit juteux et sucré entre ses mains sans se faire prier, un joyeux sourire lui ornant les lèvres.

« Oh oui ! Merci papa ! Miam ! »

Sans attendre, il mordit dedans après l’avoir essuyé sur ses vêtements, sous le regard bienveillant de l’adulte. Celui-ci lui frotta la tête avec affection à travers son chapeau de paille avant de poser une main dans son dos.

« Allez viens. On est presque arrivés. Je sais que tu aurais voulu dormir plus longtemps mais le travail n’attend pas. C’est mon devoir de père de te préparer pour l’avenir après tout. »

Jiang Liangjie hocha la tête et suivit son père, qui marchais plus lentement cette fois pour permettre à l’enfant de grignoter le fruit savoureux sans s’étouffer avec.

Mine de rien, cette balade matinale emplit l’enfant de nostalgie. Cela lui rappelait la période où son père et lui voyageaient à travers le Wotû quand il gagnait sa vie en tant que marchand itinérant. Une avalanche de souvenirs nostalgiques envahit l’esprit de Liangjie, tel un tourbillon apaisant. Quand bien même il était encore petit à cet époque, il se rappelait sans mal des différentes odeurs des forêts et champs qu’ils avaient traversé pour continuer leur voyage…l’odeur des fruits, du riz séché au soleil…le vent d’automne qui caressait ses joues avec le parfum des fleurs fraîchement écloses du printemps, l’hiver glacial mais magnifique avec son tapis de neige blanche qui recouvrait les montagnes et les champs, ainsi que ses beaux cristaux de glace qui figeaient les rivières dans d’épaisses couches de glace, brillantes comme des miroirs et lisses comme le marbre.

Quand ils passaient dans des endroits anciens comme des temples ou des villages abandonnés, qu’ils aient été désertés par ses habitants à cause des guerres précédentes, des famines ou des épidémies, Jiang Liangjie pouvait percevoir sans difficultés les particules d’Énergie Spirituelle Originelle dorée se mélanger à celles de couleur vert sombre émises par les âmes rancunières errantes des terres désolées. L’Énergie Spirituelle Originelle reprenait ses droits et exorcisait le mal des lieux souillés par la présence des âmes des défunts emplis de rancune, de regret et de colère, l’aura d’or de Huanhua apportant la paix aux esprits des morts qui étaient restés sur terre. Par ailleurs, il n’avait jamais eu de problèmes avec les esprits ni n’était effrayé par eux. Il avait en réalité surtout beaucoup de compassion à leur égard. Être condamné à errer sans fin, sans pouvoir trouver la paix du repos éternel, c’était encore plus triste que d’être mort.

C’était comparable à de la solitude.

Jiang Liangjie haïssais cela, la solitude.

Il en avais peur…horreur.

Pour lui, il n’y avais rien de pire que cela. Il s’était souvent imaginé comment serait sa vie sans la présence de son père à ses côtés et cela l’angoissait au plus profond de son âme. C’était sa pire crainte, son cauchemar. Pour rien au monde il ne voudrait être séparé de lui. C’est pour cela qu’il voulait venir en aide à ces pauvres âmes en perdition. Il se sentait proche d’elles et voulait les sauver de leurs peines et de leurs souffrances.

Cependant, malgré son don, il ne pouvais rien faire pour ces malheureux. Il ne pouvais, à son niveau de petit enfant, qu’offrir des petites offrandes comme de la nourriture, des fleurs qu’il avait cueillies ou des jolies pierres colorées qu’il avait ramassées sur la route, les mettant dans des petits tas près des lieux où les esprit en question apparaissaient. Il leur adressait ensuite une prière, espérant qu’ils trouvent le repos qu’ils méritaient.

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C’était tout ce qu’il pouvait faire pour eux dans ces moments-là et cela le remplissait de tristesse. Il priait très souvent au fond de lui, dans ces cas-là, pour que son père ne tarde pas à lever le camp pour qu’ils s’éloignent de ces lieux désolés.

Leur petite charrette de voyage n’était pas très grande. Elle tanguait, chargée des marchandises bon marché que son père vendait aux pèlerins qu’ils rencontraient. L’hiver, dans leur campement où l’odeur agréable du feu de bois qui les réchauffait embaumait l’air, il s’emmitouflait dans ses vêtements et se recroquevillait contre son père sous leur seule couverture de fourrure pour partager chaleur et confort tout en veillant à la moindre approche d’un animal sauvage.

Ce n’était certes pas la vie la plus confortable et facile qui soit mais c’était une vie qu’il n’aurait échangé pour rien au monde. Cependant, son père, désireux de lui offrir une vie meilleure, avait donc décidé d’emménager à Wenling, une région assez grande et ancienne non loin des frontières du pays de *Taiyang avec de nombreux petits villages construits et réparties sur de nombreuses collines, non loin de l’une des plus anciennes forêts de Huanhua toute entière : la Forêt des Âmes. Certes, le nom était un peu effrayant mais on racontait des histoires comme quoi l’énergie spirituelle y était si forte que de nombreux cultivateurs ou moines y venaient pour y exercer l’art de la maîtrise du Qi et de la cultivation. Mais elle était également habitée par des esprits de la nature et des créatures anciennes qui veillaient sur ces bois comme des gardiens des lieux. Ils n’étaient pas méchants en temps normal mais si quelqu’un était irrespectueux envers la forêt ou ses habitants, il fallait s’attendre à avoir pas mal d’ennuis. N’allant pas jusqu’à la mort bien sûr, dans la plupart des cas, mais disons qu’on savait que l’on n’était pas le bienvenu.

D’ailleurs, de tous les endroits qu’il avait pu visiter dans Wotu, la Forêt des Âmes était l’endroit où l’Énergie Spirituelle Originelle était la plus forte qu’il ait jamais vu et ressentit. On pouvait d’ailleurs facilement la reconnaître, pas seulement à sa densité et ses hauts arbres mais également à la montagne en forme de tête de loup qui en surgissait, comme si elle allait prendre vie.

Quand ils étaient arrivés à Wenling, il avait tout juste 6 ans. Sa tante, Dame Jiang Qira, surnommée la Pivoine d’épines, les avait accueillis chez elle. Elle était aussi belle que puissante dans le monde du commerce de Wotu. Ceux qui la voyait comparaient sa peau laiteuse à du jade blanc et son visage était semblable a l’œuvre d’art d’une Impératrice d’autrefois, aussi belle qu’intimidante. On la reconnaissait de loin, toujours vêtue d’une robe aux couleurs rose pâle, contrastant avec le rouge et le doré des emblèmes de pivoine brodés sur ses vêtements nobles. Elle était coiffée d’un haut chignon tenu par une fleur de pivoine pourpre et décoré de bijoux et de perles tout en laissais choir sa belle chevelure d’encre qui cascadait le long de son dos tel un voile de nuit. Elle avais acquis son influence en épousant un créateur de boisson et d’alcool de luxe très prisé avec qui elle eut un enfant, son cousin Jiang Xiaofeng, surnommé Xiao.

Cependant, une maladie fulgurante et intraitable avait frappé son époux, telle la foudre frappant la terre, et il était décédé en deux mois, laissant sa femme hériter de ses affaires et de sa fortune.

Sa notoriété était telle que même si Wenling avait un chef, c’était elle qui avait le plus d’autorité. En plus d’être la plus riche commerçante de vin de tout le Pays de **Wenshu, le vin qu’elle vendait se comptait parmi les meilleurs dans tout le continent, si bien que, même les grands clans de Cultivateurs de Wotu, tels que le clan de Cultivateurs ***Liming ou le clan de l’aube du pays voisin, Taiyang, faisaient commander tous les printemps une grande cargaison d’alcool issue de la maison de sa tante. Que ce soit pour les grands avènements comme les cérémonies ou de simples fêtes traditionnelles. En plus de l’alcool qu’elle vendait, elle était également propriétaire de plusieurs petits salons de thé et restaurants du village Wenling, qui n’étaient pas son plus grand chiffre d’affaires mais qui lui apportaient un plus dans son commerce.

Aussi redoutable en affaires que dans sa vie personnelle, elle n’était pas réputée pour être clémente envers ceux qui la défiaient mais elle était, dans l’intimité, une mère merveilleuse et aimante, très protectrice envers sa famille. Quand bien même il n’était que son neveu, elle l’avait accueilli à bras ouverts et considéré comme son enfant à son arrivée, ce qui faisait houspiller son propre père,un peu jaloux, qui considérait le tempérament un peu monopolisant de sa sœur aînée sur son enfant insupportable.

Quand son père lui avais proposé d’ouvrir un restaurant dans Wenling, à son nom, elle avait accepté sa demande et lui avait prêté de l’argent. Cependant, il devait travailler pour elle durant toute la période où elle faisait construire le restaurant. Oui…en affaires elle était intraitable, même avec les membres de sa familles, un échange de bons procédés qu’elle disait.

Et depuis deux ans, il travaillait ainsi pour Jiang Qira, sa sœur, dans son petit restaurant, près de chez elle, le temps que son propre établissement soit achevé, tout en vivant chez elle.

Ce qui les amena là où ils en étaient aujourd’hui.

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Ils finirent par arriver enfin à l’entrée du chemin qui traversait la Forêt des Âmes. Elle était si grande et si dense qu’il était très facile de se perdre et il y avait encore, à ce jour, des endroits inexploré, même par les cultivateurs ou par les gardes forestiers. On parlait même de cas de disparitions pour ceux qui s’aventuraient un peu trop loin dans les zones inexplorées, emportés par les démons à ce qu’on racontait. Mais cela ne restait que des rumeurs n’est ce pas ? Après tout, lui-même y allait tout les soirs rendre visite aux esprits de la forêt ainsi qu’à son ami et il n’avait pas disparu, lui.

Jiang Shuyang leva le regard vers la cime des arbres en soupirant puis il baissa les yeux vers son enfant et lui tapota gentiment le dos.

« Bien, nous y sommes. Tu es prêt A-jie ? »

L’enfant hocha la tête en trépignant d’impatience, même si cela n’était pas pour les mêmes raisons que se l’imaginait son père. Ils allaient pénétrer dans la forêt quand une voix furieuse leur hurla dessus.

« Hey !!! Vous ! Qui êtes-vous ?! Où est-ce que vous croyez allez ?! »

Les deux s’arrêtèrent et se retournèrent vers un jeune homme accompagné de deux autres, portant des robes gris clair avec des symboles de cloches bouddhiques couleur cuivre brodées sur le bas de leurs vêtements. Ils étaient tous coiffés de chignons et portaient des épées attachées à leurs ceintures. Bien qu’ils ne se soient pas présentés, Liangjie se doutait de qui ils avaient affaire. Il devait surtout cela à l’énergie spirituelle qu’il pouvait voir jaillir de leurs corps comme de minces auras, telle une seconde peau, mais également grâce aux armes magique accrochées à leurs ceintures, armes principales de tout cultivateur. C’était une nature propre à tous ceux qui avaient des capacités de contrôle de leur Qi , plus communément appelé l’art de maîtriser l’énergie spirituelle. Celui de la Cultivation. Ils l’obtenaient à force d’entraînement intensif mais surtout grâce au développement de leurs noyaux d’or, centre de leurs pouvoirs de Cultivation.

Il n’était pas rare de croiser des maîtres cultivateurs dans la région, surtout dans une contrée comme Wenling. C’était des terres qui regorgeaient d’énergie spirituelle et pour les maîtres en Cultivation, qui cherchaient toujours à nourrir encore plus leur puissance et leur art de la Cultivation. C’était l’endroit rêvé pour acquérir de l’expérience afin de progresser dans leurs tentatives d’acquérir l’immortalité.

Car là était le principale but de tout clan de Cultivation existant au monde. Acquérir le pouvoir que tout homme recherchait. L’immortalité. Ils étaient tous débordants de charisme, fringants et leurs traits étaient à tout jamais préservés dans la jeunesse, chose qu’ils devaient surtout à la cultivation de leurs noyaux d’or qui préservaient ainsi leurs corps et augmentait considérablement leur durée de vie, d’où leur surnom d’Immortels.

Shuyang haussa les sourcils en voyant ces hommes s’approcher de son fils et de lui. Il les salua respectueusement et l’enfant l’imita, l’éducation le voulait bien évidement, bien que surpris par une interruption si abrupte de leurs part.

« Bonjour à vous, Maîtres Cultivateurs. Je ne m’attendais pas à croiser la route de nobles Cultivateurs comme vous de si bon matin, surtout en de tels lieux. Y a-t-il un problème ? »

Le meneur, un jeune homme d’une vingtaines d’années environ, assez beau il faut dire avec son visage fin, s’approcha de Jiang Shuyang, les traits tendus par la colère. L’enfant n’en connaissait pas la raison mais ils allaient se faire sermonner.

« Vous n’avez pas répondu à ma question. Qui êtes-vous ? Ignorez-vous que la Forêt des Âmes est interdite d’accès désormais ?! » s’exclama le chef des cultivateurs, furieux.

Shuyang et l’enfant agrandirent leurs yeux de surprise à cette nouvelle.

« Heu… ? Interdite d’accès, vous dites ? Mais pour quelle raison ? Et depuis quand ? » s’étonna l’adulte.

« C’est décidé depuis un mois mais la règle vient d’être mise en pratique. L’accès à cette forêt est interdit jusqu’à nouvel ordre. »

« Je le conçois mais quelle en est la raison ? Il s’est passé quelque chose ? »

Les cultivateurs qui accompagnaient le jeune homme s’impatientèrent eux aussi.

« Tu n’es pas au courant ? Tu devrais pourtant, paysan. Depuis des semaines, on rapporte que ceux qui entrent dans cette forêt n’en ressortent jamais. On parle de cas de disparition de voyageurs mais également d’enfants trop curieux qui s’y aventurent sans laisser de traces. Les rares choses qu’on a réussi à retrouver d’eux, dans la plupart des cas, sont des restes de leurs effets personnels et du sang. Cependant, on a récemment réussi à retrouver un des fameux enfants disparus. Il était dans un tel état…il a passé sans nul doute plusieurs jours à l’intérieur avant que des gardes forestiers ne le trouvent. Le pauvre ne parlait absolument pas, il était comme tétanisé. Au bout d’une semaine, on a réussi à tirer quelques mots de lui : comme quoi ce serait une certain Sorcière Blanche qui l’aurait attiré dans la forêt avec son père chasseur et l’aurait tué devant lui. Après ça, il a sombré dans le coma. »

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Jiang Liangjie haussa les sourcils de surprise en se cramponnant à son père, tandis que Jiang Shuyang croisait les bras sur sa poitrine tout en fronçant également les sourcils, sceptique.

« La Sorcière Blanche, vous dites… » dit-il.

« Quoi, tu sais quelque chose ? » l’interrogea le meneur.

« Une vieille histoire que les prêtres de mon village nous racontent. Une légende qui dit qu’une femme incroyablement belle vivait à Wenling il y a des dynasties de cela, à l’époque des fondateurs de cette contrée. Si belle que tous les hommes qui la voyaient en tombaient éperdument amoureux jusqu’à ce qu’un jour, elle accepta d’épouser le jeune seigneur du pays qui, lui aussi, était tombé amoureux d’elle en posant les yeux sur elle… Cependant, il était déjà fiancé au départ à une femme de la noblesse. Quand celle-ci apprit la décision de l’homme qu’elle devait épouser, elle entra dans une folle colère et ivre de jalousie, a décidé de faire payer la futur mariée en empoisonnant l’eau avec laquelle elle prenait son bain. Son visage en fut défiguré à jamais, des marques de brûlures affreuses sont apparues sur son corps et ses cheveux ont blanchi. Le seigneur, répugné par son apparence, l’aurait chassée du village et elle se serait réfugiée dans la Forêt des Âmes à cette époque. On ne l’aurait plus revue depuis. Au fils des ans, des rumeurs se sont répandues comme quoi un démon ressemblant à une femme aux cheveux blancs vêtue d’un habit de noces rouge sévissait dans les bois et enlevait les voyageurs égarés. Certaines rumeurs disent même qu’elle prendrait souvent un bain dans une source d’eau de cette forêt comme pour tenter d’effacer les affreuse brûlures que le poison aurait fait à son corps et que si jamais par malheur on osait regarder son visage, on se retrouverait maudit à jamais. Enfin c’est ce que la légende raconte mais n’est rien d’autre qu’un conte pour effrayer les superstitieux et les enfants au final, non ? » conclut-il à la fin de son récit.

« Oh ! Mais c’est la vérité contrairement à ce que tu penses. De nombreuses rumeurs parlent d’une femme correspondant à la description de la Sorcière Blanche de la légende qui aurait été aperçue plus d’une fois sévir dans les bois de la Forêt des Âmes et chercher à attirer les enfants dans la forêt pour les enlever et les dévorer. D’autres rumeurs parlent de disparition d’enfants ces derniers temps et tous les villageois que nous avons interrogé dans différents villages ont rapporté qu’au moins un enfant ou un paysan manquait à l’appel. Quand je vois votre fils à côté de vous, je me dis qu’il vaudrait mieux pour vous de rebrousser chemin si vous ne voulez pas qu’il lui arrive la même chose qu’à ces malheureux. »

Liangjie poussa un petit cri apeuré et s’agrippa à la robe de son père qui soupira profondément avant de caresser la tête de son enfant, ennuyé par ces nouvelles restrictions mais surtout par le fait qu’on utilisait son fils pour lui faire peur et le dissuader de s’approcher de la Forêt des Âmes.

« C’est curieux que vous parliez de démons aussi facilement. Vous savez, ces bois sont immenses, il est très facile de s’y perdre et il y a également des falaises et des animaux sauvages. Les disparitions pourraient être accidentelles. Moi j’y vais souvent dans ces bois, pour mon travail, et je n’ai jamais rencontré un quelconque démon, Sorcière Blanche ou d’autres forces démoniaques. Après, je ne me suis pas non plus enfoncé très loin dans la forêt. » soupira Shuyang.

« Moi aussi j’y vais souvent et les endroits où je me rends sont tous indiqués par mes amis esprits. Je n’ai d’ailleurs jamais ressenti de présence démoniaque. » pensa le petit Liangjie, bien que le fait que de vrais démons puissent sévir dans la forêt ne l’enchante pas trop.

Les cultivateurs échangèrent un regard, sceptiques.

« Tu dis y aller fréquemment mais n’avoir rien trouvé d’étrange… ni même avoir été agressé ? »

« Jamais. À part quelques loups affamés et ours hargneux, rien de vraiment maléfique. Même mon fils y va pour jouer avec ses amis et regardez, il est toujours là, ses amis aussi d’ailleurs. »

Le chef fronça les sourcils.

« Quel est ton nom, frère paysan ? »

Shuyang sursauta avant de saluer les cultivateurs.

« Oh ! Pardonnez-moi, je manque à mes devoirs. Je me nomme Jiang Shuyang. Humble cuisinier au service de la Pivoine d’Épines, Jiang Qira. »

À l’entente du nom de la matrone, les cultivateurs se figèrent au même instant, les yeux grand ouverts.

« Tu…es au service de Madame Qira .. !? Vraiment !? »

« Oui…à vrai dire, je suis ici précisément à sa demande, comprenez que votre ordre de rebrousser chemin et votre interdiction me mettent un peu dans l’embarras. Je ne voudrais guère avoir sa colère dirigée sur moi…Vous devez vous douter de ce à quoi on s’attend quand elle est énervée. »

les cultivateurs se dévisagèrent.Là, pour le coup, ils n’arrivaient pas à trouver d’arguments.

« Quelle est l’affaire qui t’amène ici, frère Shuyang? »

« Oh… ! Je dois juste récupérer quelques herbes médicinales et aromatiques pour la cuisine et l’alcool de dame Qira. Rien de vraiment exceptionnel mais je ne peux trouver ce que je cherche que dans la Forêt des Âmes, vous comprenez ? »

Les Cultivateurs se regardèrent, cherchant à peser le pour et le contre, puis le chef baissa la tête en murmurant à voix basse.

« Si ce n’est que pour cueillir des herbes, ils ne devraient pas trop le déranger alors… »

Liangjie haussa un sourcil… « le » déranger ? De quoi parlaient-ils ?

Le jeune cultivateur leva la tête et soupira.

« Bon, si tu es là sur ordre de dame Qira, alors je peux fermer les yeux exceptionnellement. Mais je te laisse 2 heures, passé ce délai j’enverrai des hommes te chercher. »

Shuyang hocha la tête, remercia les cultivateurs d’un salut et attrapa la main de Liangjie pour l’entraîner avec lui dans la Forêt des Âmes.

« Tu as entendu, Liangjie ? Nous n’avons que deux heure devant nous, on ferait mieux de se dépêcher. »

« Oh. Oui ! »

Alors qu’ils s’éloignaient, le chef des cultivateurs les interpella une dernière fois.

« Une dernière chose, si jamais vous croisez la Sorcière Blanche, ne réfléchissez pas et partez sur le champs ! Quoi qu’il arrive, ne regardez surtout pas son visage ! Vous risquerez d’être maudits ! »

Liangjie haussa les sourcils, être maudit si jamais on voyait le visage de la Sorcière Blanche ?

Shuyang remercia le cultivateur pour son conseil et s’enfonça dans les bois, tirant l’enfant derrière lui et estimant qu’ils avaient perdu assez de temps comme ça.

Jiang Liangjie se laissa entraîner, sans savoir qu’il était en ce moment même observé par une ombre tapie dans l’obscurité des bois.

À suivre…

*Taiyang : Pays voisin de Wenshu où règne le clan de l’Aube , le clan Liming, un des pays principaux composant le continent Wotu

**Wenshu : Pays voisin de Taiyang où l’un des cinq grand clan règnes. C’est dans ce pays que se trouve le village Wenling où vie Jiang Liangjie.

***Liming : Le clan de l’Aube , un des cinq plus grand et ancien clan de Cultivation de Wotû.

 

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