Shen Yin Wang Zuo chapitre 169

Chapitre 169 : « Bataille Nocturne » dans le Col de Montagne (2)

Rapidement, ces draps furent installés comme des rideaux des deux côtés du lit. De l’extérieur, on ne pouvait pas du tout voir ce qu’il y avait à l’intérieur des rideaux.

Lin Xin revint après s’être lavé le visage et, tous comme les autres, resta bouche bée devant cette scène.

Wang Yuanyuan et Chen Ying’er échangèrent un regard et bondirent pour coller deux autres lits vides ensembles. De toute évidence, ces deux jeunes filles suivaient l’exemple de Cai’er. Après tout, contrairement aux garçons, les filles insistaient plus sur l’intimité. La démonstration de Cai’er leur avait rappelé ce fait.

Après avoir tout terminé, Cai’er revint à côté de Long Hao Chen et lui prit la main. Elle prononça ensuite une phrase qui amena l’adolescent au bord des larmes.

« C’est notre maison maintenant. »

la timidité et l’embarras de Long Hao Chen disparurent complètement et, comme s’il avait oublié qu’il y avait d’autres personnes présentes, serra Cai’er dans ses bras d’un mouvement fluide.

Côte à côte, les deux lits simples en bois couvraient une surface de quatre mètres carrés. Avec quelques planches et tissus autour, cela constituait leur première maison. Bien qu’elle soit simple et sommaire, Long Hao Chen pouvait voir que Cai’er en était très contente. d’après la forme qu’avaient pris ses sourcils, de la satisfaction et du bonheur étaient inscrits sur son visage. Cai’er ne demandait pas grand-chose, elle voulait simplement avoir une maison. Même si elle était encore plus petite que celle qu’elle venait de construire, tant qu’elle pouvait être avec celui qu’elle aimait, elle serait satisfaite.

« Cai’er, je te le jure. À partir de maintenant, je te donnerai une maison chaleureuse ; ce sera notre maison. »

Cai’er enfouit sa tête dans l’épaule de l’adolescent et répondit un doux, « Oui. »

Les visages de Lin Xin, Sima Xian et Han Yu débordaient de jalousie. Long Hao Chen était le plus jeune des garçons et pourtant il avait déjà une amie très proche. Leur relation rendait les autres envieux.

Sentant les regards des autres, l’adolescent leva la tête et leur dit, le visage écarlate, « Tout à l’heure, le Commandant de Bataillon Zhang a dit que nous pourrions être appelés au combat à n’importe quel moment. Pour l’instant, nous devrions tous utiliser notre temps intelligemment et nous reposer un peu. » Tout en parlant, il serra Cai’er contre lui et passa avec elle sous le rideau, dans leur maison…

Avec n’importe laquelle des autres personnes présentes, Lin Xin et Sima Xian n’auraient pas hésité à se moquer. Cependant, ils n’osaient pas faire cela avec Long Hao Chen. Ce dernier n’était pas vraiment le problème mais ils ne voulaient vraiment pas que l’aura meurtrière de Cai’er soit dirigée vers eux. Tout le monde pouvait voir que seul Long Hao Chen occupait son coeur et qu’elle ne se souciait pas de grand-chose en dehors de lui.

« Hé, vous venez nous aider ? » Chen Ying’er agita les mains vers Sima Xian et Han Yu. Elle n’était qu’invocatrice et pousser le lit était déjà bien assez pour elle.

Sima Xian rit et répondit, « Petite Soeur Ying’er, laisse-moi t’aider. »

Chen Ying’er secoua la tête avec précipitation et répondit, « Ne t’embêtes pas, Grand Frère Han Yu viendra m’aider. Quand tu poseras ta grosse tige de métal, le lit va vite se briser. Comment est-ce qu’on peut l’utiliser pour soutenir quoi que ce soit ? »

Des veines sombres se dessinèrent sus la tête de Sima Xian, « Qu’est-ce que tu traite de grosse tige de métal ? Ceci est un bâton magique. »

Chen Ying’er tira la langue, « Demande à tout le monde ici, qui considère ça comme un bâton ? »

Han Yu s’avança avec un léger sourire sur le visage et il tira son épée lourde pour aller aider Chen Ying’er.

Long Hao Chen et Cai’er étaient sur leur lit et cette dernière était nichée contre lui, les yeux fermés. À cause de ce qu’elle avait subi enfant, Cai’er avait développé une personnalité contrastée, fondamentalement différente de celle des autres jeunes ; elle se fichait complètement de ce que pouvaient penser les autres d’elle. Pour elle, cette journée où elle s’était endormie dans l’étreinte de Long Hao Chen était la nuit la plus agréable qu’elle avait eu depuis ses trois ans. Endormie dans ses bras chaleureux, Cai’er se reposait sans être réveillée par un cauchemar ou un frisson venu des profondeurs de son cœur. Bien que ce ne soit arrivé qu’une fois, elle aimait vraiment la chaleur et le confort de ce moment. En tous cas, la fois où elle était nichée contre lui et écoutait les battements de son coeur était le moment le plus béni auquel elle pouvait penser.

Mais durant le reste de leur voyage, comme Long Hao Chen avait peur de lui faire quelque chose d’inapproprié ou que leurs camarades soient mal à l’aise, il n’avait plus jamais partagé de chambre avec elle.

Dans ces quartiers pour dix personnes, Cai’er n’en pouvait plus d’attendre le retour de cette chaleur et c’est pour cela qu’elle prit l’initiative d’établir cette maison temporaire. C’était une petite maison mais pour elle c’était bien assez.

Recroquevillée contre Long Hao Chen, elle retira le voile qui lui couvrait le visage, révélant une expression satisfaite.

« Toc, toc, toc. » On toqua à la porte.

« Qui c’est !? » cria Sima Xian.

« Bonjour, je cherche Cai’er. » dit une voix douce et excitée, bien qu’assourdie.

En l’entendant, Cai’er sursauta et ouvrit lentement les yeux. Vu son froncement de sourcils, elle n’aimait pas du tout la propriétaire de cette voix.

Sima Xian ouvrit la porte de la chambre. Une seule personne attendait dehors, c’était la chef du régiment de mages qu’ils avaient vu auparavant dans le hall de conférence, le Maître de Hall du Temple des Mages de la Cité Exorciste, Lan Yanyu.

« Maître de Hall Lan ? » Après être resté bloqué pendant quelques instants, Sima Xian se hâta de la saluer.

Lan Yanyu sourit et demanda, « Est-ce que Cai’er est là ? Je la cherche. »

Sima Xian acquiesça et lui ouvrit la voie en disant, « Là, entrez je vous en prie. »

« Merci. » Lan Yanyu entra. De là où elle était, elle ne pouvait pas voir directement Cai’er. Son champ de vision était bloqué par les rideaux faits avec les draps.

« Pars s’il te plaît, je me repose. » dit la voix de Cai’er depuis le lit. Long Hao Chen, toujours collé à elle, vit l’hostilité flagrante qui émanait d’elle et créait un frisson dans l’air.

Lan Yanyu prit un air bouleversé et se précipita auprès d’elle, « Cai’er, maman veut juste te voir un peu ! »

Maman ? En entendant cela, les autres prirent une expression de choc absolu. Ce Maître de Hall du Temple des Mages de la Cité Exorciste était en vérité la propre mère de Cai’er !

« Pas la peine, tu as déjà dû me voir dans le hall de conférence tout à l’heure. Pars s’il te plaît. » Tout comme avant, la voix de la jeune fille était très froide et grave.

« Cai’er, ne sois pas comme ça. » dit Long Hao Chen à voix basse. Il était un garçon pur avec un grand sens de la piété filiale donc en voyant à quel point la relation de Cai’er avec sa mère était froide, il avait trouvé cela difficile à supporter et n’avait pas pu s’empêcher de laisser échapper cette remarque.

Mais elle fut entendue par Lan Yanyu, qui se tenait toujours de l’autre côté du rideaux. Immédiatement, son expression changea. Elle tendit la main et leva le tissu devant elle. Ainsi, elle vit enfin Cai’er, qui était étendue sur le corps de Long Hao Chen.

« Vous…Vous deux… » Lan Yanyu était complètement stupéfaite et ses yeux brûlèrent de colère.

Cai’er se rassit et demanda froidement, « Quoi nous deux ? »

Lan yanyu dit d’un ton à la fois alarmé et furieux, «Comment pouvez-vous agir comme cela ? Vous n’êtes que des enfants. » Des ondes de magie denses émanèrent d’elle et son aura meurtrière se concentra immédiatement sur Long Hao Chen.

Cai’er n’avait que quatorze ans. Voir sa fille dans le même lit qu’un homme et dans de telles circonstances, aucune mère n’aurait pu supporter cela.

L’expression de Cai’er changea et elle prit son voile pour le mettre sur son visage. En un éclair, elle descendit du lit et se mit sur le chemin de Lan Yanyu. « Qui t’a autorisé à te mêler de mes affaires ? C’est le camp de l’armée ici et tu n’es pas un officier militaire, tu n’as absolument aucune autorité ici. Pars s’il te plaît. »

À cet instant, Long Hao Chen, qui était aussi descendu du lit, prit la main de Cai’er et dit doucement, « Cai’er, ne sois pas comme ça. Tante est venue exprès pour te voir. »

Lan Yanyu lança un regard noir à l’adolescent, « Pas besoin que tu agisses comme un gentil. Tu…Tu as osé profiter de ma fille comme ça !? Je vais te tuer. »

Rapidement, la température de la pièce chuta et, d’un mouvement de la main de Lan Yanyu, un pic de glace pointu s’envola vers Long Hao Chen.

Il y eut un éclair de lumière noire et une aura meurtrière jaillit du corps de Cai’er. Le pic de glace vola en éclats, se changeant en une poudre de glace qui se dispersa dans l’air. Une dague dorée sombre apparut instantanément dans la main droite de la jeune fille et elle arriva très rapidement devant Lan Yanyu. La dague aiguisée était pointée droit sur la poitrine de la femme et s’accompagna d’une voix qui semblait aussi froide que l’hiver.

« Si tu oses le toucher, je te tuerai immédiatement. »

Lan Yanyu regarda la dague et dit avec étonnement, « Cai’er, je suis ta mère, tu sais !? »

Cai’er sourit froidement, « Ma mère ? Où étais-tu la fois où arrière-grand-père m’a jetée dans cette grotte froide. L’année de mes trois ans, mon père et ma mère avaient déjà cessé d’exister. Il n’y a qu’une seule personne à laquelle je tiens et c’est lui. Je tuerai quiconque essaiera de le blesser. »

La colère sur le visage de Lan Yanyu disparut en un instant et fut remplacée par une grande amertume. La femme pâlit.

« Cai’er, ne me dis pas que dans ton cœur je ne suis qu’une étrangère ? »

Cai’er dit froidement, « Une étrangère ? Quand j’étais en grand danger, alors même qu’il ne me connaissait pas, il m’a sauvée du danger et m’a protégée avec son propre corps. Devant un ennemi auquel il ne pouvait pas se comparer en termes de puissance, il m’a protégée sans la moindre hésitation. Et il a dit qu’il me protégerai toute sa vie. Mais toi ? Qu’as-tu fait pour moi ? Cette année j’ai quatorze ans et mes souvenirs ne sont qu’entraînement, entraînement, froid et souffrance. Quand je ne pouvais pas bouger du tout et que j’ai dû rester allongée pendant deux années entières, où étais-tu ? Ne me dis pas que tu faisais ça pour le bien de l’Alliance et ainsi de suite, je ne comprends pas la « justesse » de ta cause. Tout ce que je sais, c’est que quand je voulais abandonner ma vie et quitter ce monde pour toujours, c’est lui qui a rappelé à mon coeur ce qu’était la chaleur et m’a permis de conserver une dernière miette d’espoir. »

« Pars. Ne te manifeste plus jamais en ma présence de nouveau. J’ai déjà décidé de couper tous les liens avec toi. »

En entendant des paroles aussi cruelles, Lan Yanyu trébucha en arrière de deux pas et des larmes ruisselèrent de ses beaux yeux. Elle jeta un dernier regard à l’adolescente bornée et froide comme la glace puis se retourna et partit.

Long Hao Chen pouvait sentir que Cai’er tremblait. Comment aurait-elle pu ne pas être secouée à cet instant ? Après tout, cette personne était sa mère ! Comment pourrait-elle se sentir bien en ayant prononcé des paroles aussi impitoyables ?

L’adolescent la serra doucement contre elle. Il ne savait pas quoi dire et se contenta donc de la réchauffer avec son propre corps.

Cai’er murmura, « Je ne pleurerai pas pour elle, j’ai déjà assez pleuré pour elle.

Je suis une enfant sans parents, je ne suis qu’une enfant sans parents. »

Peut-être que les autres trouvaient Cai’er un peu extrême mais tous pouvaient imaginer ce qu’elle avait pu ressentir lorsqu’elle était incapable d’entendre, voir ou bouger tout en restant consciente pendant plusieurs années. Quel genre de souffrance est-ce que ça pouvait être, sans même parler de son très jeune âge à cette époque ?

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